Sida – Tout ce qu’il faut savoir sur la maladie

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La communauté internationale célèbre ce mardi 1er décembre, la journée mondiale de lutte contre le Sida. 25 ans après la découverte du VIH, plus de 36 millions de personnes sont aujourd’hui infectées dans le monde et 1 séropositif sur 4 ignore qu’il est porteur du virus. Selon « How AIDS changed everything » de l’ONUSIDA, 1,2 million de personnes à travers le monde sont mortes de maladies liées au sida en 2013. L’épidémie ne faiblit pas : l’accès aux traitements progresse moins vite que les nouvelles contaminations. En effet, pour 2 personnes démarrant un traitement antirétroviral, 5 autres sont infectées par le virus. D’où l’importance de la prévention pour faire face à cette maladie qui a anéanti des familles entières partout dans le monde et porté un coup dur aux économies.

Soninke.tv un dossier sur les différents aspects de la pandémie, de la connaissance de la maladie aux traitements, en passant par les modes de transmission

Le virus

Le sida est la forme avancée et visible d’une infection au départ sans symptôme, causée par le VIH (Virus de l’Immunodéficience Humaine). En l’absence de traitement pour ralentir l’évolution de l’infection, le sida se déclare plus ou moins rapidement : l’issue est inévitablement mortelle.

Le VIH se développe uniquement dans l’organisme humain. Il se loge plus particulièrement dans les cellules du système immunitaire en détruisant certains globules blancs, les lymphocytes T4. Le virus se développe au sein des cellules qu’il a infectées, lesquelles, avant d’être détruites, produisent de nouveaux virus qui vont infecter d’autres cellules : c’est le phénomène de la réplication virale.

Être séropositif

Être séropositif, c’est être porteur du virus VIH. Toutes les personnes infectées par le VIH ne sont pas automatiquement malades du sida. En revanche, elles sont susceptibles de transmettre leur virus.
Comment le VIH se transmet ?

Pour qu’il y ait contamination, il faut avoir été en contact avec une personne séropositive, pas forcément malade du sida, mais porteuse du VIH.
Pour passer d’une personne à une autre, il faut que le virus sorte du corps de la personne infectée par un liquide biologique et entre dans le corps de l’autre par une muqueuse ou une plaie ouverte.

Les 5 liquides contaminants

Le sang, le sperme, le liquide pré-séminal (la petite goutte qui lubrifie le gland au début de l’érection), les sécrétions vaginales (qui lubrifient le vagin) et le lait maternel.
Les 8 muqueuses réceptives

Le vagin, la vulve (petites et grandes lèvres), le gland, l’anus, la bouche, les yeux, les oreilles et les narines.
Focus sur les 3 modes de transmission du VIH

1. Au cours de rapports sexuels non protégés

C’est le mode de contamination le plus fréquent. Le VIH pénètre dans le corps par l’intermédiaire des sécrétions sexuelles masculines (sperme ou liquide pré-séminal, la goutte qui lubrifie le pénis au début de l’érection) ou féminines (sécrétions vaginales) ou par le sang (règles, coupures) en traversant les muqueuses du vagin, de la vulve, du pénis, de l’anus ou de la bouche.

 Tout rapport sexuel non protégé fait courir le risque d’une contamination.

 On peut être porteur du virus sans le savoir.

 Une personne qui souffre d’une IST (Infection Sexuellement Transmissible) comme la syphilis, l’herpès génital, la chlamydia, etc. est beaucoup plus vulnérable à une contamination par le VIH.

 La pilule, les spermicides, le stérilet, les implants, le retrait avant éjaculation, la pilule du lendemain ne protègent ni du VIH, ni des autres IST.

 Seuls les préservatifs ont prouvé leur efficacité.

2. La transmission par voie sanguine

Le sang contient une forte concentration de virus. Le VIH se transmet donc aussi par le sang. C’est un mode de transmission hautement contaminant, que ce soit lors de transfusions ou lors d’injections de drogues par voie veineuse.
Pour les usagers de drogue, le partage d’aiguilles, de seringues et d’autres matériels tels que la paille utilisée lors des « sniffs » comportent de forts risques de transmission du VIH, mais aussi de l’hépatite B et C.

C’est pourquoi il est recommandé d’utiliser un matériel stérilisé ou à usage unique.

3. La transmission de la mère à l’enfant

Les femmes séropositives peuvent transmettre le VIH à leur bébé pendant la grossesse, mais surtout au cours de l’accouchement et de l’allaitement.
Les traitements actuels disponibles, les possibilités d’assistance médicale à la procréation ou encore l’accouchement par césarienne, permettent de diminuer efficacement le risque de transmission du virus

Il est très important de faire un dépistage avant d’envisager une grossesse afin d’être correctement prise en charge et le cas échéant de suivre les traitements requis.

Idées fausses

Malgré la somme d’information régulièrement diffusée auprès du grand public, certaines croyances erronées persistent.
 Il n’existe aucun cas scientifiquement prouvé de transmission du VIH par la salive. Tout comme pour la sueur, les larmes et l’urine.
 Le VIH ne peut en aucun cas se transmettre par simple contact ou en partageant des objets quotidiens comme les couverts, le linge, etc.
 Le VIH ne se transmet pas non plus par l’eau des piscines, les téléphones, les sièges des WC, les piqûres de moustiques, de punaises ou autres insectes.

Ça se soigne ?

Le sida se soigne, mais on n’en guérit pas. Les traitements peuvent ralentir ou arrêter son évolution, mais il reste présent dans l’organisme et peut se réactiver.
Au fur et à mesure de l’évolution de l’infection, le système immunitaire se dégrade et devient incapable de défendre l’organisme face à toutes sortes de bactéries, parasites, champignons, virus et à la multiplication de cellules cancéreuses. Profitant de la faiblesse du système immunitaire, ces germes, souvent inoffensifs chez les personnes en bonne santé, trouvent un terrain propice pour se développer. C’est ce que l’on appelle des « infections opportunistes ».

Les traitements

Grâce à la recherche, des traitements sont aujourd’hui disponibles, les « anti-rétroviraux » (ARV), qui permettent de lutter contre la multiplication du virus, de soutenir le système immunitaire et de soigner les maladies opportunistes.

Utilisés seuls, ils ont une efficacité limitée. Mais associés entre eux ou à d’autres médicaments, ils sont plus performants : ce sont les trithérapies, ou multithérapies (association de plusieurs médicaments).
Ces traitements ont permis à des milliers de personnes vivant avec le VIH de prolonger leur existence dans les meilleures conditions possibles. Cependant, ils ont des effets secondaires importants : déficiences biologiques, lésions sur le pancréas, attaque des terminaisons nerveuses, troubles du sommeil, nausées, diarrhées, etc.
La mise sous traitement n’est pas systématique. Elle repose sur des critères biologiques (quantité de virus, état du système immunitaire) et psychologiques.

Malheureusement, aucun traitement ou projet de vaccin n’a, à ce jour, réussi à éradiquer le VIH et ne peut permettre une guérison complète.

La Journée mondiale du sida est née en 1988 dans la foulée d’un sommet mondial des ministres de la Santé à Londres, en Angleterre. Ces derniers ont convenu qu’une telle journée soulignerait l’importance et la gravité de la pandémie du sida et que chaque pays doit être responsable pour assurer un accès universel aux traitements, aux soins et au soutien pour toutes les personnes vivant avec le VIH ou le sida.
Dirigée par l’organisme de la campagne mondiale de lutte contre le sida, la Journée mondiale du sida 2015 portera le thème « Objectif : zéro ». Zéro nouvelle infection au VIH. Zéro discrimination et zéro décès lié au sida.

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