CONTRIBUTION – HCCT: Encore, Bakel le grand absent!

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Le Haut conseil des Collectivités territoriales (HCCT), dirigé par le secrétaire général du Parti socialiste, Monsieur Ousmane Tanor Dieng,  sera installé le lundi 31 octobre prochain par le président de la République Monsieur Macky Sall. Cette nouvelle institution qui compte 150 membres dont 70 nommés par le chef de l’Etat, est composée essentiellement de responsables politiques avec un petit dosage de la classe maraboutique et de la société civile, rapporte le quotidien L’As dans son édition de ce samedi 22 octobre. Le journal précise que Bakel et Goudiry ne comptent chacun qu’un seul siège au moment où plusieurs autres départements ont 5 représentants voire plus.

On finirait par croire que Bakel est né sous une mauvaise étoile! Et c’est toujours comme ça. Ce département, sous l’influence affective de ses filles et fils politiciens, a toujours manifesté son soutien sans faille au régime en place, depuis Léopold Sédar Senghor, par un vote massif à chaque élection. Mais,  jamais,  il n’a  bénéficié, en retour, du plus petit geste de reconnaissance.

Outre sa sous représentation dans les instances de décision et les différentes institutions présentes et passées de notre pays, Bakel traîne aussi comme un boulet, de très nombreux maux. Pas  d’infrastructures socio-économiques dignes de ce  nom réalisées par l’Etat. Le département reste un des plus enclavés du pays. Peu de routes praticables surtout en période hivernale. Pas de pistes de production. Insuffisance du personnel enseignant et médical, malgré les efforts des populations en construisant elles-mêmes des écoles et des postes de santé. Un plateau médical exsangue obligeant les malades à supporter des dizaines de kilomètres de poussière pour aller se soigner à Ourossogui ou à Tambacounda. Le chômage et l’exode rural sont le lot quotidien de ses filles et fils souvent sans formation professionnelle et sans perspectives. Presque aucun investissement sérieux de l’Etat dans le département de Bakel depuis l’indépendance. Ces maux, les populations ne cessent de les dénoncer. Mais, rien.  Bakel reste un grand malade sans assistance et qui ne tient que grâce au sacrifice  de ses enfants émigrés. Il souffre de tout. C’est ce qui a d’ailleurs favorisé la naissance, il y a quelques années,  du « Mouvement Tout va mal » pour attirer l’attention des autorités étatiques. Mais rien.

La situation d’abandon dans laquelle se trouve  Bakel est aggravée par l’inertie coupable voire complice de ses cadres politiques, incapables de faire entendre leur voix, ne serait ce que pour défendre l’honneur de ce département meurtri  ou faire écho des doléances plus que légitimes des braves populations. Ils ne font rien. Ils ne disent rien. Personne ne les entend.

Vivement le réveil de la Convention des cadres du département de Bakel. Cette structure, née il y a quelques années, avait de nobles missions et une grande détermination.  Elle a suscité beaucoup d’espoir. Mais, depuis, elle reste peu visible sur le terrain.

Aujourd’hui, la balle est dans le camp de tout le monde. Qu’on soit engagé en politique ou non, force est de reconnaître que le présent et l’avenir du département de Bakel se déterminent avant tout par l’engagement résolu  de l’ensemble de ses filles et fils au Sénégal et dans la diaspora. Il ne peut pas en être autrement.

Amadou KANOUTE, ressortissant du département de Bakel

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