facebook

COP22 : les négociations climatiques reprennent

cop22-a-marrakech-le-31-octobre-2016_5736465

Commentaires A la Une, Environnement, Santé

À Marrakech, les regards sont notamment tournés vers les États-Unis, où le candidat à la Maison-Blanche Donald Trump veut revenir sur l’accord de Paris. Les États du monde sont réunis à partir de lundi 7 novembre à Marrakech pour s’accorder sur l’application de l’accord de Paris. Le texte issu de la COP21 a vu pour la première fois la communauté internationale s’engager contre le dérèglement du climat et les procédures d’entrée en vigueur doivent désormais être discutées à la COP22. Mais, pour ces premiers jours, les quelque 15 000 participants à la conférence annuelle de l’ONU – négociateurs, élus, scientifiques, ONG, entreprises… – devraient avoir largement l’esprit outre-Atlantique, où se joue la présidentielle américaine.

Alors que le républicain Donald Trump a déjà assuré qu’il attaquerait l’accord s’il était élu, la responsable climat de l’ONU s’est dite, dimanche, « désireuse de travailler avec le/la futur(e) président(e) ». « Nous espérons que nous pourrons avoir une relation très constructive et positive », a dit à la presse Patricia Espinosa. Les États-Unis, 2e émetteur mondial de gaz à effet de serre, sources du réchauffement, « sont l’un de nos partenaires les plus importants, leur participation à cet accord est cruciale. » Comme elle l’a rappelé : « Maintenant, l’accord de Paris est entré en vigueur et nous sommes tous contraints par cet engagement. »

« Une COP pour l’application et l’action »

L’accord de Paris adopté fin 2015 a été signé par 192 États et ratifié jusqu’ici par 100 d’entre eux, représentant près de 70 % des émissions mondiales. Il constitue désormais « la feuille de route du combat contre le changement climatique », souligne Manuel Pulgar-Vidal, ministre péruvien qui présida la COP20, aujourd’hui responsable du WWF. Mais à la COP22 à Marrakech, les négociateurs devront encore commencer à s’accorder sur toute une liste de procédures, qui feront au final de Paris un vrai succès ou pas.

Leur première tâche sera, selon la négociatrice française Laurence Tubiana, d’« achever les règles » de ce pacte complexe qui inclut notamment un objectif collectif (ne pas dépasser + 2 °C de réchauffement), des promesses nationales d’action (insuffisantes à ce stade) et des principes généraux pour les revoir à la hausse. Concrètement, cela impliquera de résoudre toute une série de questions délicates : comment suivre les émissions de GES de chaque pays ? Comment garantir le financement des politiques climatiques des pays du Sud promis par le Nord ? Quels pourront être les critères de « compensation » des pays pauvres touchés par les impacts climatiques, sécheresses, inondations et autres tempêtes ? « La COP22 est vraiment une COP pour l’application et l’action, » a expliqué le négociateur américain Jonathan Pershing à la presse. Le consensus actuel est de parvenir à un accord sur ces sujets d’ici 2018.

Lutter contre « une tragédie humaine évitable »

Un bilan global des engagements nationaux en matière de réduction d’émissions – issues pour l’essentiel de la combustion du pétrole, du gaz et du charbon – est aussi prévu en 2018, sur la base du volontariat. La réalisation des plans actuels éviterait la hausse catastrophique de 4 à 5 °C attendue en l’absence de politiques climatiques, mais si rien de plus n’était fait, la planète resterait sur une trajectoire extrêmement dangereuse de + 3 °C. D’où la nécessité de renforcer ces engagements. « Nous devons combler ce fossé », insiste Laurence Tubiana. « La grande bataille des deux ans à venir porte sur la manière dont nous pourrons amener les pays à accentuer leur ambition ».

L’accord de Paris appelle à limiter le réchauffement en deçà de + 2 °C par rapport à avant la révolution industrielle, voire 1,5 °C, un défi énorme. Sur le terrain, de nombreux signaux montrent que le changement est en cours et que la transition vers des énergies plus propres est amorcée. Ainsi, 2015 a été une année record pour les investissements dans les énergies renouvelables, notamment dans les pays émergents. Les entreprises – présentes comme jamais à la COP – commencent elles-mêmes à prendre leur part, poussées par la nécessité d’anticiper le changement vers une économie bas-carbone.

Mais, dans le même temps, les scientifiques continuent de tirer la sonnette d’alarme. Après deux années record, l’année 2016 devrait de nouveau être la plus chaude jamais enregistrée sur Terre, et les concentrations de gaz à effet de serre ne cessent de croître. « Si nous ne commençons pas à prendre des mesures supplémentaires dès maintenant [pour réduire les émissions, NDLR], nous finirons par pleurer devant une tragédie humaine évitable », a prévenu jeudi Erik Solheim, directeur du programme des Nations unies pour l’environnement. Une soixantaine de chefs d’État et de gouvernement viendront à Marrakech, pour la seconde semaine de la COP, afin de renforcer l’élan politique.

Source AFP

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *