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Idrissa Diabira, un homme de défis à la tête de « Wagadu Jiida » (Portrait)

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Idrissa Diabira est, depuis le dimanche 04 décembre 2016, le nouveau président de Wagadu Jiida, l’association fédératrice des associations de  Soninké du Sénégal. Il a été élu lors de l’assemblée générale constitutive de la nouvelle entité qui a pris le relais de la défunte Wagadu Jiida vieille de plus de 30 ans et qui n’était plus que l’ombre d’elle-même.  La rencontre a enregistré la participation de représentants d’une cinquantaine de villages, des dignitaires religieux et plusieurs associations de femmes et de jeunes. Pour ceux qui connaissent le désormais président de Wagadu Jiida, son élection n’est pas une surprise, tellement l’homme est engagé, dévoué à la cause et habitué aux challenges.

« … Merci surtout à mes parents. Même s’ils n’ont pas fait d’études, c’est bien leur ouverture d’esprit, leur attachement à leur culture soninké et leur volonté de nous transmettre des valeurs comme le travail et l’honneur qui nous ont permis de profiter de l’école républicaine. »

 Dès son enfance, Idrissa Diabira a eu à faire  face à des défis majeurs dont celui de la langue et de la culture.  Ce n’était pas évident pour ce jeune cadre soninké né dans les années 70 à Drancy, dans la banlieue parisienne. Formé en France  et aux Etats Unis, il a grandi dans un environnement où tout le prédestinait à se mouler et à se fondre dans des langues et des cultures autres que celles qui ont vu naitre et grandir ses parents en Afrique.  Il refusa cette destinée pour devenir un homme-synthèse, synthèse  des  langues et des cultures.  Chez lui, c’est une conviction,  la diversité culturelle est  une richesse, une valeur clé pour la réussite.

De son brillant parcours scolaire et universitaire (il est formé aux Universités d’Orsay Paris 9  – Physique fondamentale-, Dauphine Paris 11 -Organisation- et  Stanford aux Etats Unis -Pétrole-), il confiera au Magazine Afrique Méditerranée Business  (AMB), dans sa parution de septembre – novembre 2014: « (…) merci surtout à mes parents. Même s’ils n’ont pas fait d’études, c’est bien leur ouverture d’esprit, leur attachement à leur culture soninké et leur volonté de nous transmettre des valeurs comme le travail et l’honneur qui nous ont permis de profiter de l’école républicaine. »

Homme de synthèse, Diabira l’est également de par ses origines africaines dont il est si fier.  Il aime rappeler que les villages de ses ascendants sont logés dans trois zones géographiques consanguines, entre la Mauritanie et le Sénégal. Il s’agit principalement de Diaguily (Guidimaxa),  Lobali  et Waoundé (Hairé) et Moudéry (Gajaaga) .

A 10 ans, le natif de Paris intègre  l’Association pour la Promotion de la Langue et de la Culture Soninké (APS)

 Idrissa Diabira trouve toujours, à côté de ses obligations professionnelles, des espaces pour la vie associative. Il aime les rencontres, les échanges d’idées et d’expériences. Pour lui, « le développement de l’Afrique passe par une alliance entre les élites et la population ». Il a parrainé des dizaines d’activités religieuses et socioculturelles à Dakar et dans d’autres localités. Il fait partie du groupe restreint qui s’est mobilisé sans relâche, depuis 2015, pour une nouvelle Wagadu Jiida  avec des missions renforcées.  Il a piloté le comité technique mis en place à cet effet.

Pour trouver les racines de l’attachement d’Idrissa Diabira à la vie associative, il faut remonter à l’année 1985. Alors qu’il n’avait que 10 ans,  il intègre l’Association pour la Promotion de la langue et de la culture soninké (APS), une organisation des Soninké de la diaspora basée en France où il prenait des cours de soninké, de danse et de chants. Il a ensuite fréquenté les foyers de travailleurs migrants avant d’adhérer, en 1995, à l’Association des Jeunes Soninké de France (AJSF). En 2005, il fonde le Forum de la Jeunesse aux Identités Multiples (FOJIM), une fédération réunissant les associations issues des migrations d’Afrique, du Maghreb et d’Asie.

Le FISO Dakar 2018, premier test grandeur nature pour le nouveau président de « Wagadu Jiida » et son équipe

 L’engagement d’Idrissa Diabira, toujours fidèle à l’esprit « enracinement et ouverture », ne se limite pas à la communauté soninké. Coordonnateur du programme Yoonu Yokkuté du candidat Macky Sall, en 2011, il accompagne le nouveau président de la République dans sa politique d’émergence du Sénégal. Il appuie la mise en œuvre du Fonds de Garantie des Investissements prioritaires (FONGIP) dédié aux petites et moyennes entreprises (PME), aux groupements de femmes et aux jeunes. Il est, depuis 2014, Conseiller spécial de l’Administrateur de cette structure. Ce Consultant en management a occupé les mêmes fonctions au sein de l’équipe qui entourait l’ancien Premier Ministre Aminata Touré.  Fondateur du Cabinet de consultance international, « Interface Africa », le jeune cadre a été, pendant trois ans, Consul Honoraire et Coordonnateur de la coopération française à Kayes. Homme de défis et d’action, il se dévoile: « J’essaie de rester fidèle à mes idées, de me battre pour les mettre en œuvre et de rester ouvert aux autres. Je m’attache à faire et pas seulement à être », soutiendra-t-il dans les colonnes d’AMB.

L’engagement d’Idrissa Diabira auprès des populations et son parcours ont été, sans nul doute, les balises qui lui ont ouvert les portes de la présidence de Wagadu jiida. Le choix a été acclamé par l’assemblée générale constitutive. Cette étape dépassée, aujourd’hui, l’homme doit se tourner résolument vers les défis  devant lui, nombreux et complexes. Ils sont culturels, sociaux et économiques… De lui et de son équipe, la communauté soninké attend une vision claire et une traduction rapide des aspirations en actes… Déjà, un test grandeur nature à l’horizon, l’organisation et la réussite de la 5ème édition du Festival international soninké (FISO). La manifestation qui regroupe, tous les deux ans, plusieurs pays d’Afrique et la diaspora, se déroulera, pour la première fois, au Sénégal en 2018.

Amadou KANOUTE

 

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