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De nombreux bonbons contiennent des nanoparticules dangereuses pour la santé

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Commentaires A la Une, Santé

Un bonbon ou un sort ? Il semblerait que la question ne se pose plus pour les petits monstres d’Halloween – célèbre fête folklorique et païenne traditionnelle originaire des Iles Anglos-Celtes – venant réclamer des friandises en frappant aux portes voisines. Une récente enquête menée par l’association Agir pour l’Environnement démontre que le mauvais sort est en fait inclus dans les confiseries elles-mêmes, qui contiendraient des nanoparticules dont les effets sur la santé ne seraient pas anodins…

Une centaine de sortes de bonbons au banc des accusés : Les bonbons : Têtes brulées, Elodie, Fizzy…

Les chewing-gum : Airwaves, Hollywood, Freedent, Malabar…

Les confiseries : M&M’s[1], Skittles…

Les gâteaux : LU…

Les chocolats : Milka…

Les décorations gâteaux : Vahiné…

Source : notre-planete.info, https://www.notre-planete.info/actualites/4538-bonbons-halloween-nanoparticules-sante

On le sait, les bonbons n’ont jamais été très sains pour l’organisme (trop de sucre, gélatine de porc, trop d’additifs alimentaires douteux…). Mais lorsqu’ils contiennent des nanoparticules, c’est encore pire.

D’après l’enquête réalisée par l’association Agir pour l’Environnement, une grande quantité de confiseries destinées aux enfants contiendrait des additifs alimentaires susceptibles de contenir des nanoparticules, majoritairement le dioxyde de titane (colorant alimentaire E171).

Une centaine de produits ont ainsi été identifiés par l’association dans une quinzaine d’enseignes de supermarchés. Au banc des accusés :

Depuis mi-mars 2017, Agir pour l’Environnement propose une liste des produits alimentaires contenant ou suspectés ou contenant des nanoparticules.

Les risques liés à l’utilisation des nanoparticules

Les nanoparticules, également appelées particules ultrafines, sont des molécules de taille nanométrique, c’est-à-dire entre 1 et 100 nanomètres, approximativement 1/50 000 de l’épaisseur d’un cheveu humain ! Selon l’INRS, « le passage de la matière à des dimensions nanométriques fait apparaître des propriétés inattendues et souvent totalement différentes de celles des mêmes matériaux à l’échelle micro ou macroscopique, notamment en terme de résistance mécanique, de réactivité chimique, de conductivité électrique et de fluorescence. »

C’est pourquoi, les nanoparticules, fabriquées depuis environ 25 ans, ont envahi notre quotidien. On les retrouve dans des domaines aussi divers que l’électronique, l’énergie, le textile, la construction, les cosmétiques, les produits pharmaceutiques et même l’alimentation !

Si les nanoparticules possèdent des propriétés physiques et chimiques remarquables, elles peuvent faire courir des risques pour la santé des professionnels qui y sont exposés mais aussi de ceux qui les ingèrent ou les respirent. En effet, plus fines que les cellules du corps humain, elles pénètrent sans difficulté dans le cerveau, les reins, les intestins, s’y logent et peuvent s’y accumuler. De plus, l’impact des nanoparticules sur l’environnement est également loin d’être neutre, car leur petite taille empêche la filtration dans l’eau ou dans  l’air, où elles se répandent librement.

Malheureusement, on ne mesure pas encore ni la nature ni l’ampleur de ces risques, car l’usage des nanomatériaux ne date que des années 1990, comme le rappelle Novethic :  » L’évaluation des risques liés aux nanotechnologies a du retard. Et si les experts sont unanimes sur la nécessité d’augmenter les recherches, l’ampleur de la tâche est titanesque. Des centaines de nanomatériaux différents sont déjà sur le marché français.  »

Dans le domaine alimentaire, la législation sur l’usage des nanoparticules reste insuffisante.

En France, depuis la loi Grenelle 2 de 2013, les fabricants, ainsi que les importateurs et les distributeurs doivent déclarer tous les ans les quantités et les usages des nanoparticules qu’ils utilisent auprès de l’ANSES (Agence Nationale de Sécurité Sanitaire).

Pourtant, l’association Agir pour l’Environnement dénonce encore de nombreuses infractions à la réglementation sur l’étiquetage : malgré la réglementation européenne INCO 1169/2011, de nombreux fabricants occultent encore la mention « nano » dans la liste des ingrédients qu’ils utilisent.

Le dioxyde de titane en question

Le dioxyde de titane (ou TiO2 ou CI77891) est composé de titane et d’oxygène. Il a différentes propriétés intéressantes pour les matériaux (auto-nettoyant), les cosmétiques comme les crèmes solaires (absorbe les rayons UV), les dentifrices (blanchiment) et pour l’alimentation en tant que pigment alimentaire blanc (colorant E171) qu’on trouve dans diverses confiseries, sauces, pâtisseries, etc.

Malgré son usage répandu, l’innocuité du dioxyde de titane est de plus en plus controversée et les études sur la question restent insuffisantes et contradictoires : « les études de toxicité des nanoparticules par voie orale sont limitées, bien plus que celles portant sur la toxicité par inhalation. L’une des raisons en est la difficulté de les suivre dans les aliments en cours de digestion et dans l’organisme.  » note l’Anses dans son rapport de 2015 : « Nanomatériaux et santé – Comprendre où en est la recherche.

Cependant, « quelques travaux ont été menés sur le dioxyde de titane ingéré. Ils donnent des indications sur le fait que les nanoparticules peuvent franchir la barrière de l’intestin et atteindre d’autres organes. Ce défaut de barrière pourrait non seulement favoriser la pénétration des nanoparticules vers l’organisme, mais aussi l’inflammation propice au développement de la carcinogenèse si l’effet s’avérait chronique. » ajoute le rapport de l’Anses. Le projet NanoGut, en cours, devrait répondre à ces questions importantes pour notre santé.

En attendant, l’Anses a préconisé en 2014 un classement des nanoparticules de dioxyde de titane comme substances dangereuses afin de permettre des mesures de restriction. D’autant plus que le Centre International de Recherches sur le Cancer (CIRC) classe depuis 2010 le dioxyde de titane dans la liste des éléments potentiellement cancérogènes pour l’Homme, par inhalation.

Pour la première fois, une étude de l’Inra publiée le 20 janvier 2017 dans Scientific Reports montre les conséquences sur la santé de l’animal d’une exposition orale au E171 : celui-ci « pénètre la paroi de l’intestin et se retrouve dans l’organisme ». Les conséquences sont inquiétantes :

troubles du système immunitaire ; lésions prénéoplasiques dans le côlon, un stade non malin de la cancérogenèse, chez 40% des animaux exposés ; accélération du développement de lésions induites expérimentalement avant exposition.

Si l’étude se garde bien d’extrapoler à l’Homme, « ces résultats témoignent d’un effet initiateur et promoteur des stades précoces de la cancérogenèse colorectale ».

Les enfants : les premiers intoxiqués par les nanoparticules

Des études scientifiques ont montré que les enfants seraient en première ligne : ils ingéreraient deux à quatre fois plus de titane que les adultes du fait de leur consommation de sucreries. En plus d’être particulièrement exposés, les enfants seraient également plus sensibles que les adultes aux effets du dioxyde de titane à cause de leurs poids plus faible.

C’est pourquoi, l’Autorité européenne pour la sécurité alimentaire (EFSA) et l’Agence Française de Sécurité Sanitaire, de l’Environnement et du Travail (AFSSET) conseillent d’éviter les produits – cosmétiques ou alimentaires – contenant du dioxyde de titane chez les enfants en bas âge.

Pour un moratoire sur les nanoparticules dans l’alimentation

Sachant que la période d’exposition est capitale pour évaluer les risques et que les enfants sont plus fragiles du fait d’un organisme en plein développement, l’association Agir pour l’Environnement réclame avec force un moratoire sur les nanoparticules qui doit être mis en place de façon urgente, notamment dans les produits alimentaires destinés aux enfants.

Dans son communiqué, l’association interpelle les industriels afin qu’ils cessent immédiatement d’utiliser du dioxyde de titane, additif qui peut facilement être retiré ou substitué puisqu’il n’était pas utilisé il y a encore quelques années.

« Après le scandale de l’amiante, comment accepter que les enfants soient les cobayes de ces substances dangereuses qui envahissent notre alimentation à notre insu ? N’ayant aucune utilité pour le consommateur tout en leur faisant courir des risques inutiles, un moratoire sur la nano-malbouffe s’impose ! »,  s’exclame Magali Ringoot, d’Agir pour l’Environnement. « Halloween doit rester une fête… et sans horreurs pour la santé des enfants ! »

En attendant que les études épidémiologiques soient terminées et en espérant que le législateur en tienne compte, c’est aux parents qu’échoit la responsabilité de contrôler la consommation de confiseries de leurs enfants. A l’achat responsable s’ajoutent alors les bénéfices santé.

Enfin, aux Etats Unis comme dans l’Union Européenne, le dioxyde de titane est exclu de la filière d’alimentation biologique, vous pouvez donc proposer à vos enfants des bonbons bio qui constituent un substitut intéressant pour les gourmands irréductibles. En outre, certains fabricants de bonbons comme les Smarties contiennent des colorants alimentaires naturels, comme la fameuse spiruline.

Pensez-y ! Et merci de ne pas distribuer aux enfants, pendant Halloween, des bonbons dangereux pour leur santé !

Source : notre-planete.info

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