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Hommage aux enseignants, nos maîtres! (Par Amadou KANOUTE)

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a am une 2Le personnel administratif, les enseignants et les élèves du lycée Boulaye Fanthio Barry de Golmy, dans le département de Bakel, ont fait de moi le parrain de l’édition 2017 de leurs Journées de l’Excellence, prévues les 8 et 9 mai 2017.  Expliquant ce choix, ils ont estimé que le but principal, à travers ce parrainage,  n’était pas de collecter  des fonds, mais plutôt de donner en exemple, aux élèves, un ainé  qui a fait l’école de Golmy, un village de quelque 10 000 habitants qui a construit pour ses enfants, sur fonds propres, des écoles primaires, un collège et un lycée. Ce choix, je l’accueille avec humilité et reconnaissance.  Je leur en remercie vivement.

Cette considération, je la dois, par la grâce de Dieu, à mes parents, je la dois aux enseignants qui m’ont encadré tout au long de mon cursus.  Ils sont nombreux, ces enseignants, à m’avoir beaucoup marqué dans les différentes étapes de mon parcours d’apprenant, de l’école élémentaire à l’université.  Je leur voue un profond respect tout comme j’éprouve une haute considération pour la noble profession qu’ils exercent.

a am 2Je me souviens encore, à l’école primaire et même au collège, les enseignants avaient l’habitude de demander aux élèves ce qu’ils voulaient devenir quand ils seraient grands. Moi, mes réponses variaient, le plus souvent, entre enseignant, militaire et médecin. Au lycée, les choses ont commencé à se préciser. Je ne me voyais plus dans l’armée ni à la Fac de médecine, même si mon admiration pour ces corps était intacte. J’étais plutôt attiré par l’enseignement et le journalisme. Ces deux professions sont restées dans mes plans jusqu’à l’université, jusqu’à l’année où je me suis décidé à me lancer dans les concours. Dans ma tête, c’était clair. Il me fallait, pour ma formation professionnelle, soit l’Ecole normale supérieur (ENS), soit le Centre d’Etudes des Sciences et Techniques de l’Information (CESTI).  Finalement, c’est le CESTI qui m’avait accueilli.  Un petit pincement m’était resté au cœur en sachant, à partir de ce moment,  que je venais de tourner définitivement le dos à la craie comme choix de carrière.

Cependant, avec un peu de recule,  il m’arrive de me demander, en considérant les charges énormes et les conditions de travail lourdes, contraignantes et très difficiles des enseignants, si j’aurais été à la hauteur si j’avais opté pour l’enseignement. Cette question me revient aujourd’hui encore en tête. Pour moi, ceux qui ont choisi cette profession ne sont pas des hommes ordinaires. Comme les forces de défense et de sécurité, ils ont un plus par rapport aux autres. Ils sont l’incarnation de l’esprit d’abnégation et de sacrifice. Ils pouvaient faire d’autres choix de carrière, mais ils ont opté pour le très difficile, le plus difficile. Ils ont décidé de mener une vie de renoncement.

a ammmLes forces de défense et de sécurité sont des femmes et des hommes qui renoncent à tout, à leur vie, pour veiller, jour et nuit, sur notre sécurité et la sécurité de nos biens. Les enseignantes et les enseignants laissent tout de côté, jusqu’à leur propre personne, pour se consacrer aux autres, pour aider les autres à se construire et à construire leur vie. Ils laissent leurs maisons, leurs familles. On les trouve partout, dans les coins les plus reculés, parfois, sans confort, sans eau potable, sans électricité. Ils servent dans des coins en totale déphasage avec leur vécu. Ils bravent des obstacles pour rallier de lointains hameaux d’affectation parfois à pied, faute de transport ou de routes praticables. Qu’ils soient en service dans les zones rurales ou dans les centres urbains, le travail est continu chez les enseignants.  Après une dure journée dans les salles de classe, ils passent des nuits blanches pour préparer d’autres cours ou corriger les copies d’évaluation des élèves, des étudiants.

Ces femmes et ces hommes méritent grand respect. Tous, nous leur devons  une très haute considération. Ils sont les artisans de  nos réussites individuelles et collectives. La reconnaissance de leur mérite est un devoir moral. La preuve par le  Président de la République, Macky Sall. Lors  de l’audience qu’il avait accordée, récemment,  à la communauté soninké, au Palais, il avait reconnu, parmi les centaines de personnes présentes dans la salle, son ancien formateur d’université, le professeur Amadou Wagué. Il a aussitôt demandé à ce que sa présence soit annoncée publiquement, avant qu’il ne lui rende, lui-même, un vibrant hommage lors de sa prise de parole.

Mesdames et messieurs les enseignantes et les enseignants, de toutes les générations, de l’élémentaire à l’université, les mots nous manquent pour vous exprimer toute notre reconnaissance. Mille fois chapeau bas ! Vous êtes nos maîtres. Vous êtes nos champions…. Nous vous devons tout. La nation vous doit tout.

Amadou KANOUTE, journaliste, ancien élève de l’école primaire Moussa Camara de Golmy

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