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Handisport – L’international B. CISSOKHO de GOLMY: «mon handicap n’est pas un frein dans ma vie»

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Boubacar Cissokho, plus connu sous le nom de Lassana (Lass) est un athlète  international sénégalais.  Handicapé de catégorie 4, il est spécialisé dans le lancer (disque et poids) et  évolue au Dakar université club (DUC). Cissokho pratique aussi le basket avec le HandiStar de Grand Dakar, club avec lequel il a remporté plusieurs trophées. Le natif de Golmy, dans le département de Bakel, âgé de 26 ans,  est depuis une semaine à Bakou, en Azerbaïdjan,  pour défendre, avec 14 autres internationaux, les couleurs du Sénégal au 4ème Jeux de la solidarité islamique qui se déroulent du 12 au 22 mai 2017. Notre pays se présente dans 7 disciplines sur les 24 retenues pour les 3 000 athlètes venus de 54 pays. Lass fera son entrée dans la compétition le mercredi 17 mai, en finale directe du lancer de disque.  Dans cet entretien accordé à Soninke.tv, Boubacar Cissokho parle des jeux, de sa vie de sportif et de ses objectifs. Il adresse aussi un message  aux personnes handicapées physiques  pour les inciter à ne jamais baisser les bras.

ENTRETIEN…

a boub3Boubacar Cissokho, vous faites partie des athlètes qui représentent le Sénégal au 4ème Jeux de la solidarité islamique, Bakou 2017, qui se déroulent du 12 au 22 mai. Quel est votre état d’esprit à quelques heures de votre entrée en lice prévue le mercredi  prochain ?

D’abord, je rends grâce à Dieu qui m’a permis d’être parmi les 15 athlètes  retenus pour représenter le Sénégal au 4ème Jeux de la solidarité islamique en Azerbaïdjan.  Je suis très serein. C’est vrai  nous n’avons pas bénéficié d’une préparation spécifique pour cette compétition. Mais, personnellement je me suis très bien préparé physiquement  et mentalement avec mes coachs et encadreurs. Je me donnerai  à fond pour faire honneur à mon pays. Mon objectif est de remporter une médaille à Bakou, ce  qui pourrait me permettre de décrocher une qualification aux  championnats  du monde de 2017. Je vais beaucoup travailler aussi pour   participer aux Jeux olympiques de 2020. Remporter un titre continental fait aussi partie de mes objectifs

a boub basketParlez-nous de votre  engagement dans le sport ?

Je suis né et j’ai grandi à Golmy. Avant de venir au sport, j’ai exercé différents métiers.  J’ai été tailleur et j’ai fait la plomberie. J’ai commencé à m’intéresser véritablement au sport  en 2010 avec  le basketball.  Je joue depuis au HandiStar de Grand Dakar, club avec lequel j’ai remporté plusieurs titres. Ensuite, des dirigeants du club m’ont encouragé à faire de l’athlétisme. Je me suis alors  inscrit à cette discipline, au lancer (javelot, disque et poids). J’évolue au Dakar université club (DUC) depuis 2016. Au début, c’était difficile. Il y avait d’abord le regard des autres. Puis, le manque de moyens. C’était très difficile d’assurer le transport tous les jours pour aller aux entrainements. Malgré tout, je ne me suis jamais découragé. J’y croyais et je me disais que  tôt ou tard je récolterai les fruits de mon travail, de mes sacrifices. Aujourd’hui,  je ne dirais pas que la vie est rose mais je tire une grande satisfaction de la pratique du sport.

a boub 2Qu’est-ce-que le sport vous a apporté comme satisfactions depuis que vous avez commencé à pratiquer?

La pratique sportive a fait que je n’ai plus de complexe dans la société. Je peux intégrer aujourd’hui n’importe quel groupe et m’exprimer. Au début ce n’était pas le cas. Mais, mes coéquipiers, mes coachs et mes encadreurs m’ont beaucoup motivé et aidé à dépasser ce stade. Le sport m’a ouvert aussi beaucoup de portes et m’a  permis de faire des rencontres. Aujourd’hui, je fais partie des meilleurs dans la catégorie lancer.  Grâce au sport j’ai voyagé.  Un de mes souvenirs inoubliables, c’est mon déplacement à Marrakech, au Maroc, en 2016, pour des qualifications.  Quand je suis monté dans l’avion, j’avais ressenti un grand soulagement. J’ai oublié toutes les difficultés que j’avais traversées jusque là. Cela m’a beaucoup encouragé et fait comprendre qu’un handicap ne doit pas être un handicap, un frein pour une personne engagée et déterminée.  Et moi, je suis de cette catégorie. Je suis déterminé à aller très loin dans le sport. Mon handicap ne peut plus être un frein qui m’empêchera de m’épanouir ou d’avoir des ambitions dans la vie comme toute autre personne. Je voudrais remercier mes encadreurs, mes coachs, mes coéquipiers et mes amis qui sont pour beaucoup dans la motivation qui m’anime.

Quel appel lancez-vous aux personnes vivant avec un handicap et qui n’ont pas la même réussite que toi?

Je les invite à ne jamais baisser les bras, à toujours se battre. Parfois, c’est très difficile. Mais, il faut s’engager. Rien n’est facile dans la vie. Dans la société  la personne handicapée est vue comme une personne diminuée, inutile. Une personne qui ne compte pas. Il faut surmonter tout ça et s’imposer. Moi, j’y crois toujours et je suis prêt  à partager ma modeste expérience avec les personnes  qui vivent avec un handicap. J’invite aussi les parents à être plus compréhensifs et à accompagner les personnes vivant avec un handicap. Il faut les soutenir pour  leur permettre d’exprimer leurs talents. L’Etat doit aussi mettre en place des politiques qui favorisent la réussite des personnes vivant avec un handicap et accompagner les pratiquants. Car, la haute compétition ce n’est pas seulement l’amour  de la pratique et la volonté d’aller loin. Il faut des moyens, des conditions de travail minimales et des stages à l’étranger pour pouvoir rivaliser avec les meilleurs en Afrique et dans le monde.

Soninke.tv

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