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16 mai 1997: Kabila entre dans Kinshasa, Mobutu s’exile

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La chute du maréchal Mobutu a lieu le 16 mai 1997. Ce jour-là, le Zaïre tourne la page du « Léopard ». Le lendemain, le 17, les troupes de l’AFDL entrent victorieuses dans Kinshasa, sans aucune résistance des Forces armées zaïroises.

Le 16 mai, l’Histoire raconte que Mobutu se réveille la peur au ventre. Kabila a infiltré depuis des semaines Kinshasa et le gros de ses troupes stationne aux portes de la capitale. Le Léopard se sait lâcher par les Américains. Après l’échec de négociations sous l’égide de Nelson Mandela et d’Omar Bongo, Laurent Désiré Kabila annonce que « Mubutu est fini » : « Je sais qu’il est fini. Le pouvoir, il n’en aura plus. Il est assiégé maintenant, à l’heure où nous parlons. »

7h50 ce 16 mai, le convoi de Mobutu Sese Seko se fraye un chemin, direction l’aéroport de Ndjili, sans gyrophare ni sirène. Le maréchal, déchu, atterrit à Gbadolite, son village natal. Le 17, les Kadogo de Kabila – ces jeunes soldats aux tenues trop larges, aux bottes en caoutchouc noires – entrent dans Kinshasa en libérateurs. Boulevard du 30 juin, les Kinois applaudissent  « C’est le départ de Mobutu, Kabila est déjà arrivé. Nous sommes dans la joie ! Nous sommes très contents de la libération. »

L’invincible, l’éternel Mobutu Sese Seko est rongé par deux cancers : prostate et colon. François-Joseph Mobutu Nzanga, son fils aîné, le raisonne, le convainc de quitter le pays. « Papa », comme l’appelaient les Zaïrois, comprend que deux de ses vœux ne seront jamais exaucés : mourir président et au pays. Un Iliouchine 76 quitte l’aéroport de Moanda, près de Gbadolite, pour Lomé. Pour une dernière demeure, le Maroc.

Les derniers mois d’exil au Maroc

Joseph Désiré Mobutu a passé ses derniers 5 mois d’exil au Maroc avant de succomber des suites du cancer à Rabat. Le Maroc a été un fidèle soutien de l’ancien président zaïrois. Retours sur ses derniers mois d’exils discrets au Maroc, marqués par la détérioration de son état de santé.

À la mi-mai 1997, à son arrivée au Maroc Joseph Mobutu passe quelques jours dans le nord du pays à Tanger. Très vite, son état de santé le pousse à se rapprocher de la capitale et à s’installer quelques semaines avec son entourage dans un hôtel de la petite ville balnéaire de Skhirat, à 25 km au sud de Rabat. Ce n’est qu’à la fin du mois de juillet que l’ex-président congolais est admis à l’hôpital Avicenne à Rabat.

À l’époque les autorités marocaines l’assuraient : le séjour de Joseph Mobutu devait être bref. Hassan II pourtant était l’un des plus fidèles soutiens du maréchal. Fervent défenseur de l’unité congolaise, le roi du Maroc avait envoyé à deux reprises, en 77 et 78, des soldats marocains pour venir en aide au régime du président zaïrois.

Pendant ce temps son entourage composé notamment de ses deux épouses et compagnes, les jumelles Bobi et Kosia ainsi que leurs enfants, vivaient discrètement et sous bonne garde dans l’une des villas de Hay Riad, quartier huppé de la capitale, fréquentée par les diplomates et les expatriés. Aujourd’hui sa garde rapprochée continue de vivre au Maroc en toute discrétion, tandis que les membres de sa famille s’y rendent de manière occasionnelle.

À sa mort en 1997, Joseph Mobutu est enterré dans le carré chrétien du cimentière de Rabat. Régulièrement visitée par ses proches mais aussi des anonymes, la sépulture est toujours impeccablement entretenue. Sur le caveau en marbre noir et blanc figurent les initiales de MSS pour Mobutu Sese Seko, Mobutu le Guerrier. En 2007 le président Kabila avait donné son accord pour un rapatriement de sa tombe. Mais la mesure à ce jour n’a pas été appliquée.

Par RFI

 

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