facebook

Crise du Golfe – le Qatar répond à l’ultimatum de l’Arabie saoudite et ses alliés

a qaaat

Commentaires Actualité, International

Le 22 juin, l’Arabie saoudite et ses alliés avaient soumis au Qatar une liste de treize demandes à satisfaire pour mettre fin à l’embargo qui touche l’Émirat, accusé de soutenir le terrorisme et jugé trop proche de l’Iran. Dix jours plus tard, le 3 juillet, et après avoir accepté de prolonger l’ultimatum de 48 heures, les pays du Golfe ont reçu la réponse qatarienne.

a qaata« La liste des demandes est faite pour être rejetée », estimait le 1er juillet cheikh Mohamed ben Abderramane Al-Thani, le chef de la diplomatie qatarienne, ne laissant guère de doute sur la nature de la réponse de son pays aux Monarchies du golfe qui lui avaient adressé un ultimatum. Son contenu n’a pas été révélé, mais il est sans équivoque : « Quelles que soient les actions lancées, nous n’en avons pas peur. Le Qatar est prêt à faire face à toutes les conséquences. Mais il existe un droit international qui ne devrait pas être violé. Et il y a une ligne qui ne devrait pas être franchie », a poursuivi le ministre.

Le 22 juin, l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, le Bahreïn et l’Égypte avaient soumis au Qatar une liste de treize demandes (lire ci-dessous) à satisfaire pour faire lever l’embargo qu’ils font peser sur le petit émirat. Le Qatar avait alors déjà indiqué refuser « par principe » d’accéder aux requêtes de ses voisins.

Dix jours plus tard, après avoir reçu un délai supplémentaire de 48 heures, le Qatar a rendu sa réponse par l’intermédiaire du Koweït, lequel est chargé de faire le lien entre le Qatar et l’Arabie saoudite et ses alliés. Il sera aussi chargé de transmettre la réponse des pays du Golfe à leur voisin qatarien.

Rupture de tous les liens supposés avec Daech, Al-Qaida, le Hezbollah, le Hamas et les Frères musulmans ; expulsion des membres ou des éléments liés aux Gardiens de la Révolution installés au Qatar ; réduction des liens diplomatiques avec l’Iran et fermeture de toutes les missions diplomatiques dans ce pays ; fermeture de la chaîne d’information Al Jazeera et de sites d’information financés par le Qatar… Les treize demandes sont d’ordre aussi bien politique qu’économique.

En plus de l’extradition des opposants aux régimes des quatre pays à l’origine de la demande, la coalition formée autour de l’Arabie saoudite exige également du Qatar qu’il rompe toute coopération militaire ou liée au renseignement avec Téhéran.

Le soft power d’Al Jazeera

Pour la plupart des observateurs indépendants, il est certain que si le Qatar accédait aux revendications de ses voisins, il se retrouverait sous la tutelle de l’Arabie saoudite. Nabil Ennasri, spécialiste du Qatar, estime improbable que le petit émirat accède à ces demandes, et notamment celle concernant la fermeture de plusieurs médias soutenus ou directement financés par le Qatar, parmi lesquels la chaîne d’informations Al Jazeera.

Une telle requête irait à l’encontre de la souveraineté qatarienne. « On ne peut pas imposer à un État de fermer une chaîne de télévision simplement parce que son contenu dérange ses voisins », explique le spécialiste. Regardées dans plus d’une centaine de pays par des millions de personnes, les antennes arabe et anglaise de la chaîne constituent un « soft power de l’État qatarien, poursuit Nabil Ennasri. Si le Qatar renonce à Al Jazeera, il renonce à l’un des piliers de sa politique ».

La Croix

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *