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Un vaccin prometteur contre les caries

carie dentaire

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Des chercheurs chinois planchent sur un vaccin aux caries, destiné aux populations n’ayant pas accès facilement à un dentiste. Les résultats obtenus chez la souris sont prometteurs.

Touchant près de la totalité de la population au moins une fois dans sa vie, la carie résulte d’un déséquilibre du biofilm, la plaque bactérienne recouvrant la surface de nos dents. Sous l’effet de divers facteurs, certaines bactéries se développent et transforment les résidus alimentaires en acides qui « rongent » les tissus de la dent. Si elle n’est pas soignée, la carie peut provoquer la formation d’un abcès qui s’accompagne de douleurs intenses, de fièvre et d’enflure. A ce stade, le risque que l’infection se propage vers d’autres organes (cœur, yeux, sinus) est réel. C’est pourquoi depuis quelques années, des chercheurs se sont mis en tête d’élaborer un vaccin contre les caries, destiné en priorité aux populations n’ayant pas accès facilement à un dentiste (individus pauvres, isolés, âgés…). Une équipe de l’Institut de virologie de l’Académie chinoise des sciences a présenté en septembre 2017 dans la revue Scientific Reports des bons résultats d’un candidat vaccin chez la souris.

Un vaccin préventif et curatif

Le candidat vaccin en question, baptisé KFD2-rPAc, s’attaque aux infections causées par Streptococcus mutans, bactérie responsable de la grande majorité des caries. La première version de ce vaccin était efficace mais entraînait des inflammations. Les chercheurs ont donc dû modifier la protéine utilisée, qui porte le nom très scientifique de « KF-rPAc ». Il s’agit d’une sorte de « super-protéine », qui combine une protéine issue de Streptococcus mutans et une autre provenant d’Escherichia coli. Cette dernière, nommée flagelline, possède des récepteurs repérés par le système immunitaire de l’hôte.

Une fois vaccinées, les souris qui n’avaient pas de carie ont bénéficié d’une « efficacité prophylactique de 64,2% », écrivent les chercheurs. Ce qui veut dire que leur résistance aux caries a augmenté de 64,2%. Quant aux souris qui avaient déjà des caries, elles ont bénéficié « d’une protection permettant de stopper la progression des caries de 53,9% ». Le tout avec « des effets secondaires négligeables », affirment les chercheurs. Pour l’instant, aucune date d’essai clinique sur l’homme n’a été annoncée pour ce vaccin, étape indispensable avant d’envisager sa mise sur le marché.

Par Lise Loumé/Sciencesetavenir

 

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