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OUSMANE SONKO, leader de PASTEF: « Les raisons de mon engagement en politique »

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Commentaires Actualité, Société

Ousmane SONKO, le patron du parti politique PASTEF – Les Patriotes, est l’invité de Sud Détente de ce week-end. L’inspecteur des impôt se prononce sur plusieurs questions politiques, économiques et sociales avec le franc parler qu’on lui connait. Soninke.tv vous propose un extrait où il répond à la question du journaliste sur les raisons de son engagement en politique. Voici sa réponse:

« Mais une prise de conscience ! Vous savez, pour moi, il y a plusieurs façons d’entrer en politique : par souci d’opportunisme, par frustration entre autres. C’est malheureusement cela pour l’essentiel de la classe politique, car elle veut en s’y engageant que la politique soit un moyen d’ascension sociale. Ce qui fait que dès fois, vous voyez des gens qui ont échoué dans tous les domaines et qui veulent rattraper cette perte en politique et qui se retrouvent demain comme députés parce qu’ils ont été sur une liste ou nommés à des postes dont ils n’ont pas les compétences. En ce qui nous concerne, ce n’est ni l’une ni l’autre raison parce qu’il y a eu un éveil de conscience. D’ailleurs, j’ai fait partie des sénégalais qui n’aimaient pas du tout la politique et qui n’avaient jamais envisagé en 2014 d’en faire (ni assisté à des réunions, encore moins pris de carte de membre d’un parti politique). Mais je faisais partie de ces jeunes sénégalais, frustrés par ces politiciens, qui étaient tous pareils à mes yeux. A l’âge adulte, je suis devenu haut fonctionnaire, je me limitais à faire mon travail. Mais c’est peut-être au contact de ce travail que j’ai pris connaissance de beaucoup de choses. En réalité, nous avons tous une grande responsabilité car les gens qui doivent faire la politique, qui en ont les compétences et la formation et qui en ont la probité, ont tendance à fuir la politique en disant que c’est trop sale. Mais la nature à horreur du vide ! Il faut bien qu’il y ait des gens pour en faire. Si les gens de qualité ne la font pas, on laisserait le terrain aux gens qui n’ont aucune envergure, ni vertu et qui ne considèrent l’Etat que comme un moyen d’enrichissement personnel. Déjà en tant qu’étudiants, nous étions des révolutionnaires, on crachait sur la politique et nous sommes restés dans cette même perspective en tant que fonctionnaires.

A un moment donné cependant, nous sommes passés à l’âge adulte en termes de conception des choses. Si on est techniquement bien formé, compétent, intègre, nous le devons à notre pays. Nous sommes des produits à 100% de l’école publique, en partant de l’élémentaire à l’université. C’est-à-dire l’impôt des sénégalais. Il faut être reconnaissant envers notre pays. C’est là que l’idée d’entrer en politique à germer. Et des amis de tout côté m’ont fait confiance et c’était réciproque et m’ont parlé de ce projet. Après s’être réunis, on s’est accordé sur le fait de nous y lancer par nos propres moyens pour éviter d’être formatés par les formations politiques classiques au même parti politique. Mais par rapport à la vision de notre projet, nous voulions une virginité politique mais également cette autonomie de pensées et d’actions. Nous ne voulions pas être conditionnés par le même système qu’on a depuis 57 ans maintenant dont l’expérimentation démontre le sens contraire de ce que nous entendons en matière de politique, sa conception qui est celle d’un art noble visant à se mettre au service de son peuple, à la limite un art cultuel. »

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