Ouverture du FISO 2018 : Macky Sall salue le courage, le sens de l’honneur, l’abnégation dans le travail… des Soninkés

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Le président Macky Sall a présidé cet après cérémonie d’ouverture de la 5ème édition du Festival international Soninké (FISO). Devant la communauté soninké venue de toutes les contrées du Sénégal et les quatre coins du monde. Le FISO s’est ouvert par un défilé de toutes les délégations et l’escadron monté de la gendarmerie nationale a mis fin au défilé. Et devant les festivaliers, le président Macky Sall a tenu a salué les valeurs socioculturelles de Soninkés. « La communauté soninké est fièrement ancrée dans ses valeurs ancestrales dans l’estime de soi, dans le courage, le sens de l’honneur, de la fidélité en amitié, l’abnégation au travail, de la solidarité en toute circonstance », déclare-t-il. Nous vous proposons un extrait de son discours.

«(…) Le Festival international Soninké (FISO) a coïncidé avec la mise en œuvre de l’agenda universel de l’Unesco. A commencer par la préservation de la langue maternelle. Il est heureux que voyez choisi la date du 21 février pour lancer les activités de votre festival. Je rappelle que le 21 février correspond à la journée internationale des langues maternelles dont le thème porte sur la diversité linguistique comme mode de promotion de multilinguisme en vue de réaliser les objectifs de développement durable.

Aussi en fêtant ce 21 février, le Soninké, langue nationale et codifiée ici au Sénégal, nous célébrons en même temps toutes les langues maternelles du Sénégal. Et nous nous rappelons qu’il n’y a de plus naturel que parler sa langue maternelle et de porter à travers elles, ses traditions, son vécu quotidien. Parler sa langue maternelle, c’est assumer son héritage et de transmettre à la prospérité. Voilà, pourquoi il me plait parfois de parler poulaar et il doit en être ainsi

Et chaque langue, on le sait, contribue à la richesse culturelle du monde à travers les valeurs et expressions positives qu’elle  véhicule. Une langue vit parce qu’elle est parlée. Autrement, elle meurt et avec elle, disparaissent ses imaginaires et son contenu socioculturel, ses contes et légendes, ses proverbes et sagesses, ses mythes et enseignements. Bref, toutes les valeurs et traditions qui lui sont attachées. Voilà pourquoi la communauté Soninké, où qu’elle se trouve au Sénégal et dans les pays africains et dans la diaspora, aux quatre coins du monde doit être fière de ce festival et lui rester fidèles.

S’y ajoute que le thème de votre festival : « L’empire du Wagadou : hier, aujourd’hui et demain », rappelle à notre souvenir d’une vieille et riche histoire. C’est important. Le Wagadou fondé dès 4ème siècle par les Soninkés est en effet le plus ancien empire ouest africain connu que des voyageurs arabes ont improprement appelé Ghana et dont l’opulence étonnait ses visiteurs. Une opulence qui a, d’ailleurs,  inspiré le célèbre poème Kaya Magnan, le roi de l’or dont le poète le président Senghor exalte la grandeur et la prospérité de l’empire du Wagadou qui, à son apogée au 10ème siècle, comprenait entre autres royaumes le Tékrour d’où nous venons et qui est le Fouta d’aujourd’hui, le Mandé, le Bouré et le Bambouck.

Ce fait marquant de l’histoire a valu aux Soninkés d’être mentionnés aux travaux des voyageurs et écrivains arabes dont l’historien et géographe Al- Yakoubi, auteur de deux ouvrages intitulés :  l’Histoire du monde et les Livres des pays.

Au demeurant, l’intérêt de ce récit tient au fait que les Soninké furent les tous premiers propagateurs de l’islam en Afrique de l’Ouest. (…).

Les Soninkés ont été également parmi les figures héroïques de la résistance à la colonisation à l’image du guide religieux Mamadou Lamine Dramé. J’ajoute que notre compatriote, le Pr Abdoulaye Bathily rapporte également, les séquences historiques de la communauté Soninké dans son ouvrage de référence: Les portes de l’or, le royaume du Ngalam de l’ère musulmane au temps des négriers. Ce livre a été publié en 1989.

Alors lorsqu’on suit le cours de l’histoire, du Wagadou au Ghana et du Ngalam, l’on retient que les Soninkés ont toujours cohabité avec diverses communautés notamment, Bambaras, maures Poulaars, Socés, Manding et Wolof. Il y a dans ce creuset de diversité socioculturelle une tradition d’ouverture que l’histoire nous enseigne à l’heure Bonaparte poursuivre l’expérience de construction de l’Etat nation et d’intégration africaine. Nous trouvons dans cette histoire partagée, les fondements du vivre ensemble que nous dicte notre destin commun. Je ne saurais oublier les valeurs attachées au Soninkara, c’est connu, partout où on en retrouve dans l’Ouest africain ou ailleurs, puisque Soninkés, vous êtes aussi de grands voyageurs. La communauté soninké est fièrement ancrée dans ses valeurs ancestrales dans l’estime de soi, dans le courage, le sens de l’honneur, de la fidélité en amitié, l’abnégation au travail, de la solidarité en toute circonstance. Voilà ce qui caractérise entre autres, la communauté soninké.

Je tiens à saluer vos valeurs que votre contribution à la solidarité nationale et à l’effort de développement économique et social de nos pays, par votre attachement à vos terroirs, vos transferts financiers substantiels  et votre esprit d’entreprise. Ce sont toutes ses valeurs admirables, tout ce bel héritage du peule soninké que je suis venu célébrer avec vous, ce soir au-delà de ce festival, c’est un legs que vous laisserez aux générations futures.

 

 

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