Issa Cissé, ancien combattant: « la France pas reconnaissante »

a issa cissé anc c

Commentaires Actualité, Avis et communiqués

Soninke.tv – Issa Cissé, l’ancien combattant qui a servi chez les « tirailleurs sénégalais » lors de la deuxième guerre mondiale, est décédé ce week-end à Dakar. Il était âgé de 95 ans. De son vivant, le natif de Bakel a été plusieurs fois sollicité par les médias nationaux et étrangers pour revenir sur cette expérience douloureuse. Soninke.tv vous propose quelques extrait de l’entretien qu’il accordé à l’Afp en 2014.  Il parle de son engagement dans l’armée, le débarquement de Provence et ses nombreuses victimes parmi lesquelles des amis et aussi le manque de reconnaissance de la France après la guerre. 

a cisse arm«J’appartenais à la 9e division d’infanterie coloniale. Nous avons débarqué le 17 août et le 25 août, nous sommes entrés dans Toulon, que nous avons libérée», précise l’ancien combattant qui servait dans une compagnie antichar chez les « tirailleurs sénégalais », l’appellation commune des nombreux soldats d’Afrique subsaharienne engagés sous le drapeau de la France libre.

«J’ai été engagé volontaire le 4 novembre 1942», peu avant d’avoir 21 ans, se rappelle Issa Cissé. «Je travaillais comme chaudronnier à la Marine à Dakar».

Avant d’aller en Provence, il dit être passé par bateau au Maroc et en Algérie. «Au Maroc, nous avons été formés (avec d’autres soldats africains) à faire la guerre, au maniement des armes. On nous apprenait à tuer sans être tué».

a cisseA la fin de la guerre, «nous avons attendu un an pour rentrer au Sénégal, le 25 avril 1946, faute de bateau». Libéré de l’armée la même année, il retrouve son travail de chaudronnier dans la Marine.

«J’ai perdu beaucoup d’amis pendant ce débarquement. Ils ont été tués par des bombes, des mines, des mitrailleuses ou des canons. D’autres sont devenus fous ou estropiés et n’ont jamais pu revenir» en Afrique, indique M. Cissé.

«Nous n’avons pas la reconnaissance de la France. Elle ne peut même pas nous payer», dit-il, déplorant le faible montant de sa pension.

«Je perçois 219.614 FCFA (334 euros) tous les six mois. Avant son augmentation (dans les années 2000, NDLR) c’était 25.000 FCFA (38 euros) par semestre», soupire le nonagénaire, livret militaire à la main.

En décembre 1944, des tirailleurs démobilisés de retour de la guerre, qui manifestaient près de Dakar pour réclamer le paiement de leurs primes et soldes, avaient été fusillés par l’armée coloniale française.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>