Real / Liverpool – Salah-Firmino-Mané: le trio magique!

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LIGUE DES CHAMPIONS – Samedi, face au Real Madrid, tenant du titre et favori de la finale (20h45), Liverpool comptera sur son trio offensif pour faire la différence et espérer regagner un titre européen, le premier depuis 2005. Méconnu ou sous-estimé il y a encore quatre ans, Mohamed Salah, Roberto Firmino et Sadio Mané ont éclaté à la face du monde cette saison. Décryptage des phénomènes.

MSN, BBC, MCN… Ces dernières saisons, les acronymes sont à la mode. Surtout pour désigner des trios offensifs prolifiques. Par facilité de langage, et pour être encore plus vendeur, chaque triade se voit affubler d’un nom accrocheur. Souvent, il s’agit de ce qu’il se fait de mieux en Europe. Mais cette saison, aucun acronyme n’est venu « récompenser » l’assemblage Salah-Firmino-Mané.

Pourtant, les trois l’auraient sûrement mérité. Car pour ce cru 2017-2018, ils pèsent à eux trois 90 buts toutes compétitions confondues (44 pour Salah, 27 pour Firmino et 19 pour Mané). Encore mieux, c’est dans la compétition reine qu’ils ont marqué les esprits. En s’amusant à comptabiliser le trio comme une équipe à part entière, on se rend compte qu’il dépasse de nombreuses armadas européennes.

C’est simple, avec ces 29 pions plantés, les trois hommes sont devenus le trio le plus prolifique de l’histoire de la C1 devant les 28 buts de la BBC en 2013-2014. Alors, où sont les acronymes ? Une explication peut se tenir. Ces surnoms mettent souvent en avant des joueurs extraordinaires individuellement qui s’accommodent pour jouer ensemble. Trois solistes réunis pour un seul but.

A Liverpool, c’est davantage le fait de jouer ensemble qui a fait émerger les trois noms comme nous l’explique Damien Comolli, ancien directeur sportif d’ArsenalTottenham et Liverpool et actuellement consultant pour SFR Sport : « Tous les trois individuellement auraient moins réussi mais les trois ensemble, ça marche du feu de dieu« .

Il y a quatre ans, les trois hommes n’étaient pas grand-chose au niveau du football européen. Ils ont mis le temps mais sont désormais devenus des références mondiales à leurs postes respectifs. « D’expérience, je sais que les joueurs de classe mondiale se façonnent pour la plupart d’entre eux. Il y a des évènements dans une carrière qui font qu’à un moment, ça décolle. C’est pareil pour Griezmann : personne ne pouvait penser il y a quatre ans qu’il allait devenir un des meilleurs attaquants du monde. Donc il ne faut pas être surpris par la progression des joueurs« , souffle d’ailleurs l’ancien directeur sportif des Reds comme pour expliquer une éclosion si folle.

Samedi, ils ont l’occasion de mettre le Real à terre et d’arriver au sommet du gratin mondial. Présentation des trois phénomènes révélés par Jürgen Klopp.

« L’évidence Salah »

C’est celui qui cristallise toutes les attentions. « L’évidence des trois, c’est Salah » explique d’ailleurs Comolli en préambule. Pas besoin de se fouler pour comprendre pourquoi. Cette saison, le Pharaon a franchi tous les paliers à une vitesse ahurissante. Avec des stats d’un autre monde : 51 matches, 44 buts et 16 passes. Surtout, ses prestations ont été à la hauteur lors des matches qui comptent en C1 (12 matches, 10 buts, 5 passes). De quoi faire de lui un réel prétendant au Ballon d’Or en cas de victoire samedi.

« Salah, c’est le talent à l’état brut doublé d’une confiance incroyable« , souffle Comolli au moment de présenter celui qui n’a désormais plus besoin de cela. Vitesse folle, dribbles incisifs et une capacité nouvelle à se muer en renard des surfaces. Enfin, pas tout à fait à écouter celui qui avait permis aux Reds d’attirer Luis Suarez : « Il faut savoir que c’est le joueur en Premier League qui a manqué le plus de situations de buts qu’un attaquant ne doit normalement pas manquer (23 selon la Premier League, NDLR). Et malgré ça c’est celui qui a mis le plus de buts » explique-t-il.

Recordman du nombre de buts marqués en Premier League sur une saison (avec 20 clubs, NDLR), celui qui est devenu une véritable égérie dans son pays a l’occasion de frapper un grand coup samedi. Histoire de définitivement entrer dans la cour des grands. Et prouver que son ascension, de Bâle à Chelsea en passant par l’Italie, ne doit rien au hasard.

  • Ce qu’en dit Klopp : « Mohamed est quelqu’un qui montre l’exemple de par son approche humaine et dans la manière de traiter les autres. Avec ses coéquipiers comme avec le staff, il est resté humble et cordial malgré la superstar internationale qu’il est devenu. L’attention et la reconnaissance qu’il a reçues cette saison ne l’ont absolument pas changé »

Firmino, le plus sous-estimé des 9 modernes ?

Si certains prennent la lumière, il faut bien que d’autres fassent le sale boulot dans l’ombre. Roberto Firmino est de ceux-là. Mais le talent du Brésilien est bien trop grand pour rester caché. Cette saison, il a franchi un cap. Voire trois ou quatre. Talentueux et accrocheur, l’ancien d’Hoffenheim s’est mué en playmaker d’exception (17 passes décisives), doublé d’un chien au pressing. Ajoutez-y une finition qui n’a rien à envier aux meilleurs attaquants mondiaux (27 buts en 53 matches) et vous aurez le panorama complet du joueur qu’est devenu Firmino.

« Celui qui m’a le plus impressionné cette saison, de loin, c’est lui » glisse d’ailleurs Comolli. La démonstration qui suit est limpide : « Il y a deux raisons. La première est tactique : sans Firmino, l’attaque de Liverpool ne serait pas aussi performante. Parce que c’est lui qui conduit le jeu, c’est lui qui décroche quand il faut décrocher, c’est lui qui fait jouer les autres autour de lui, c’est lui qui lance les deux autres dans la profondeur. Il fait des courses qui libèrent et qui créent des espaces pour les autres« . Voilà pour l’aspect tactique d’un attaquant complet, moderne et idéal pour l’animation offensive façonnée par Klopp. Mais ce n’est pas tout.

Car Firmino, c’est aussi un fighting spirit qui ferait presque oublier ses origines brésiliennes. Tacle, pressing, harcèlement du porteur, Firmino applique à merveille les tactiques de Klopp au point de figurer au classement des meilleurs…. tacleurs de Premier League. C’est aussi un certain esprit de sacrifice mis en avant par Comolli : « Il a le gabarit d’un neuf donc tout le monde le considère comme un vrai avant-centre mais s’il était plus petit comme Messi ou Fabregas quand il a joué en pointe avec l’Espagne, on dirait que c’est un faux neuf. Car il joue avec toutes ces caractéristiques. Dans les déplacements et dans l’état d’esprit, c’est un numéro neuf qui se sacrifie pour le bien de l’équipe, pour faire briller les deux autres. Avec un attaquant ‘normal’ qui a une autre approche mentale du jeu, Liverpool n’aurait pas été si performant« . Une déclaration d’amour qui rejoint toutes les louanges reçues par le Brésilien cette saison. A raison.

  • Ce qu’en dit Klopp : « Mo Salah, c’est la classe internationale, mais pas tous les jours. Sadio Mané, c’est la classe internationale, mais pas tous les jours. Roberto Firmino, c’est la classe internationale, tous les jours.

Mané, le casseur de défense

Finalement, c’est peut-être celui dont on parle le moins. Et pourtant. Quel latéral droit de Premier League a réussi à résister à ses coups de reins dévastateurs et ses accélérations foudroyantes ? Ils ne sont pas nombreux. Car Sadio Mané est sans conteste l’un des plus forts cette saison en un contre un. Mais le Sénégalais, passé par le FC Metz, a surtout franchi un cap en devenant décisif dans des moments clés. Une attente qu’il n’avait pas pu combler la saison passée. La faute à une vilaine blessure qui l’avait laissé sur le flanc de longs mois.

Si Liverpool en est là, c’est d’abord grâce à lui. Lors du barrage aller face à Hoffenheim (1-2) en août dernier, il avait éclaboussé la rencontre de sa classe. Annonciateur de la saison XXL qu’il a réalisé. Des trois, c’est celui qui présente les stats les plus « faibles » (19 buts et 9 passes en 43 matches). Mais en C1, c’est 9 réalisations pour lui. Et, à la fin, cela pèse lourd sur la balance.

Surtout, Mané s’est adapté à merveille au système tactique des Reds. Comolli encore : « Je trouve que dans le travail défensif, il a été impressionnant. Pour que Liverpool survive, il faut que le contre pressing de Klopp fonctionne. Avec des courses de haute intensité (ils ont le record de kilomètres parcourus). Au pressing, il a été super utile » souffle-t-il. « Sans lui enlever ses qualités offensives, évidemment« . Évidemment.

  • Ce qu’en dit Klopp : « Son importance ne fait aucun doute. Vous avez besoin d’un finisseur, d’un joueur qui réponde présent dans les moments décisifs et Sadio est toujours là. C’est très dur de jouer sans lui, nous avons vraiment réalisé quelque chose de grand la saison passée en étant privé de Sadio pendant presque la moitié de l’année »

Eurosport

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