Journée mondiale de l’hépatite, une maladie grave à multiples visages

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L’hépatite est une inflammation du foie dont la forme virale a provoqué près d’1,4 million de décès en 2015. (Plus de deux millions de personnes sont atteintes au Sénégal.)

Quel est le point commun entre les virus, l’alcool et les médicaments? Tous peuvent être à l’origine d’une hépatite. Mais quel que soit le mode de transmission, l’hépatite provoque dans tous les cas une inflammation au niveau du foie qui, si elle n’est pas traitée, peut être fatale. L’abus d’alcool ou la consommation de certains médicaments peuvent en être responsables, mais de toutes les hépatites, les plus répandues sont, de loin, celles causées par des virus. En 2015, les hépatites virales ont été l’origine de près de 1,4 million de décès dans le monde, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Mais comment ces virus s’y prennent-ils? Il suffit de rentrer en contact avec un corps contaminé (sang, sperme, eau, nourriture, etc.) pour que le virus infecte notre organisme. Ensuite, les virus «pénètrent dans les cellules du foie, les hépatocytes, ce qui entraîne une réaction immunitaire qui détruit le virus mais aussi l’hépatocyte infecté, explique le Dr Dominique Thabut, hépatologue à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière et membre de l’Association française pour l’étude du foie (AFEF). C’est ce qui est à l’origine d’une inflammation du foie». Et si elle n’est pas traitée à temps, cette information peut entraîner, à terme, une cirrhose ou un cancer du foie.

Il existe cinq types de virus de l’hépatite: A, B, C, D et E, dont les plus courants sont les souches B et C, responsables de 96% des décès. A elle seule, l’hépatite B touche 1,6 % de la population européenne, soit 15 millions de personnes, et 14 millions d’Européens sont atteints par une hépatite C. Alors que certaines infections virales comme le VIH ou la tuberculose sont en décrudescence, ce n’est pas le cas des hépatites, qui ont causé 22% de décès supplémentaires depuis les années 2000.

Malgré cela, les hépatites sont encore trop peu diagnostiquées dans le monde. «Seulement 9% des infections à VHB et 20% des infections à VHC ont été diagnostiquées en 2015», alertait l’OMS l’année dernière. Un mauvais score qui s’explique par le fait que l’hépatite est une maladie qui peut rester longtemps asymptomatique. Mais lorsque la maladie se manifeste, les symptômes sont bien reconnaissables: jaunissement de la peau et des yeux, urines foncées, grande fatigue, nausées, vomissements et douleurs abdominales.

Quelles sont les caractéristiques des différents virus de l’hépatite?

● L’hépatite A

Le virus de l’hépatite A est présent dans les selles des personnes infectées. Il se transmet habituellement par l’eau ou des aliments contaminés, ce qui peut provoquer de rapides épidémies. «Dans bien des cas, les manifestations de l’infection sont bénignes et le sujet guérit et acquiert une immunité. Mais l’infection peut aussi être grave voire engager le pronostic vital», explique l’OMS. Un vaccin existe.

● L’hépatite B

L’hépatite B est un gros problème de santé publique: l’OMS estime que 257 millions de personnes sont contaminées par ce virus. La maladie est extrêmement contagieuse: «le virus de l’hépatite B est 50 à 100 fois plus infectieux que celui du SIDA», estime l’Institut Pasteur.Le pronostic est très défavorable: environ un quart des cas évolue en cirrhose. Par ailleurs, les trois-quarts des carcinomes hépatocellulaires – le plus fréquent des cancers du foie – sont provoqués par ce virus.

Le virus peut se transmettre à la naissance: «Il s’agit soit d’une transmission verticale de la mère à l’enfant lors de l’accouchement, soit d’une transmission via le placenta lorsque la femme enceinte a un haut niveau de réplication du VHB, ou bien d’une transmission entre enfants en bas âge lorsque ceux-ci sont élevés ensemble», explique la Collégiale des universitaires en hépato-gastro-entérologie. Toute exposition à des liquides biologiques contaminés comme le sang ou le sperme est également risquée. Les relations sexuelles, le partage d’objets de toilette ou les contacts avec le sang (actes médicaux, ou tout contact avec des seringues non stérilisées) peuvent donc être à l’origine d’une contamination. Depuis 1982, un vaccin est disponible.

● L’hépatite C

Comme pour l’hépatite B, la transmission peut se faire lors de rapports sexuels ou de contact avec du sang contaminé. «En France, entre 150.000 et 200.000 personnes vivraient avec le VHC», estime la Collégiale des Universitaires en Hépato-Gastro-Entérologie. Chez la plupart des patients, l’infection est chronique et peut évoluer vers la cirrhose dans 10 à 20 % des cas. L’hépatite C est la seule souche de virus hépatique pour laquelle il n’existe pas de vaccin, mais un traitement à base d’antiviraux est efficace à 100%, selon le Dr Dominique Thabut, hépatologue à l’hôpital de la Pitié Salpêtrière à Paris. Disponible depuis 2014, «ce nouveau traitement pour l’hépatite C fait partie des progrès bouleversants de la médecine de ces dernières années», souligne-t-elle.

● L’hépatite D

Le virus D dépend du virus B pour sa multiplication: il ne peut pas y avoir d’infection par le virus de l’hépatite D sans contamination par le virus B. «La co-infection par le VHD et le VHB peut aggraver la maladie et assombrir le pronostic», détaille l’OMS. «Au moins 5 % des sujets porteurs d’une infection chronique à VHB sont également infectés par le VHD», estime l’organisation. Comme pour l’hépatite B, la transmission se fait par voie sexuelle ou au contact de sang contaminé. La transmission de la mère à l’enfant est possible, mais rare. La vaccination contre l’hépatite B protège aussi du virus D.

● L’hépatite E

L’hépatite E se transmet par voie féco-orale, c’est-à-dire via les selles, qui contaminent ensuite l’eau. Dans les pays industrialisés, il se transmet plutôt par l’ingestion de viande contaminée. Le virus peut infecter l’homme et certaines souches touchent aussi les animaux, notamment les porcs, sangliers et daims. Un vaccin est actuellement disponible, mais seulement en Chine.

Comment s’en protéger?

Pour prévenir les cas d’hépatite virale, il faut prendre quelques précautions d’hygiène comme se laver les mains après un passage aux toilettes ou un contact avec des animaux, et avant de préparer les repas ; bien cuire les viandes crues et nettoyer les ustensiles utilisés, et ne pas consommer d’eau non traitée. Pour éviter les hépatites B, C et D, il est important de se protéger par l’utilisation d’un préservatif lors d’un rapport sexuel et d’éviter les contacts avec des objets souillés par du sang.

Lefigaro

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