Présidentielle en Tunisie : victoire écrasante de Kais Saied

Commentaires Actualité, International

Si le résultat officiel est encore attendu ce lundi, le résultat ne fait aucun doute: l’universitaire Kais Saied, un théoricien de la Constitution aux convictions conservatrices, a remporté une victoire écrasante lors du second tour de la présidentielle en Tunisie.

Dimanche soir, des milliers de Tunisiens sont descendus dans la rue pour fêter la très large victoire du candidat, donné par des sondages deuxième président élu au suffrage universel en Tunisie avec plus de 40 points d’avance sur l’homme d’affaires controversé Nabil Karoui. (…)

Kais Saied a remercié « les jeunes qui ont ouvert une nouvelle page de l’histoire », lors d’une brève apparition devant ses partisans et la presse dans un hôtel. Environ 90% des électeurs de 18 à 25 ans ont voté pour lui, selon l’Institut de sondage Sigma, contre seulement 49,2% des plus de 60 ans.

« Je vais porter ce message » de la révolution de 2011, a-t-il lancé. « Chacun a choisi qui il voulait, en toute liberté. Notre projet est basé sur la liberté. L’époque de la soumission est finie. Nous venons d’entrer dans une nouvelle étape de l’histoire », a-t-il assuré.

Son rival Nabil Karoui, fondateur de la chaîne de télévision Nessma et poursuivi pour fraude fiscale et blanchiment, a déploré un « déni de justice », estimant avoir été pénalisé par son incarcération durant 49 jours en pleine campagne électorale. (…)

Nabil Karoui a été libéré in extremis mercredi, permettant la tenue d’un duel télévisé sans précédent et très suivi: plus de 6 millions de téléspectateurs, selon un institut de sondage, soit plus d’un Tunisien sur deux.

Pour ce troisième scrutin en un mois, la participation a été nettement plus élevée qu’au premier tour, atteignant 57,8% avec seulement 70% des bureaux pris en compte. Pour le premier tour le 15 septembre, moins d’un électeur sur deux s’était déplacé.

Kais Saied, qui n’a aucune expérience du pouvoir et s’est entouré d’une poignée de partisans néophytes en politique, était arrivé en tête du 1er tour, après une campagne de terrain « low cost », créant un séisme au sein de la classe politique.

Candidat sans parti, Kais Saied, 61 ans, avait obtenu 18,4% des voix, en exaltant les valeurs du soulèvement de 2011 et en prônant une décentralisation radicale. Nabil Karoui, 56 ans, avait obtenu 15,6% des voix depuis sa cellule de prison.

Les deux hommes, en rupture avec l’élite politique, ont bénéficié du vote-sanction d’électeurs exaspérés par les chamailleries politiciennes et l’horizon économique bouché.

Si la sécurité s’est nettement améliorée ces dernières années, après une série d’attentats djihadistes dévastateurs en 2015, le chômage continue de ronger les rêves, notamment des jeunes, et l’inflation grignote un pouvoir d’achat déjà faible.

« Consultations »

Alors que la Constitution de 2014 fait la part belle au Parlement, les regards se tourneront après ce second tour vers Ennahdha, chargé de former le nouveau gouvernement, une tâche ardue.

« Nous avons commencé nos consultations », a indiqué le chef du parti, Rached Ghannouchi, qui devra rallier de nombreux autres blocs pour atteindre la majorité de 109 sièges au Parlement.

Avec l’Express et l’Afp

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *