Vote «controverse », projet de loi portant report, … : Aly Ngouille Ndiaye, à l’épreuve de l’Hémicycle

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Le projet de loi n°15/2019 portant report des élections prévues le 1er décembre 2019 et prorogation du mandat des conseillers départementaux et municipaux, sera examiné ce jour, par les parlementaires, en séance plénière. Une occasion donnée au ministre de l’Intérieur, Aly Ngouille Ndiaye, de venir s’expliquer sur sa décision «unilatérale» et «controversée» concernant la fourchette proposée pour organiser au plus tard les élections locales,savoir le 28 mars 2021.

Convoqués en séance plénière ce jour, mardi 19 novembre, les parlementaires devront examiner le projet de loi n°15/2019 portant report des élections prévues le 1er décembre 2019 et prorogation du mandat des conseillers départementaux et municipaux. Ledit projet sera défendu par le ministre de l’Intérieur, Aly Ngouille Ndiaye, qui avait introduit un amendement «très controversé», suite à la sortie de la société civile pour exiger une date exacte de la tenue des élections dans le projet de loi. L’amendement proposé par le ministre pour modifier l’article L.1 du projet de loi stipule que «les élections départementales et municipales, prévues le 1er décembre 2019, sont reportées pour être tenues au plus tard le 28 mars 2021».

Comme élément justificatif du temps jugé relativement long par certains acteurs politiques, le coordonnateur du pôle de la majorité présidentielle dans le cadre du dialogue politique, Benoit Sambou, explique que «le gouvernement a voulu être prudent pour prendre un délai assez éloigné, mais cela pourrait se tenir en 2020». Cela, en raison du travail qui doit être fait, à savoir l’audit du fichier et l’évaluation du processus électoral par un cabinet d’experts indépendants, la proposition d’une loi, puis enfin le vote de ladite loi à l’Assemblée nationale. En tout état de cause, les parties prenantes au dialogue politique paraissent plus préoccupées par la recherche d’un Code consensuel qu’une date de la tenue des élections. Encore qu’elles estiment que le dernier mot sur la date exacte des élections leur revient, avec notamment la promesse du chef de l’Etat, Macky Sall, de respecter tous les consensus issus de ce dialogue. Cela, même si certains d’entre les «dialogueurs», surtout ceux des pôles de l’opposition et des non-alignés, déplorent les lenteurs notées dans les concertations.

Cependant, l’amendement du ministre Aly Ngouille Ndiaye a suscité une polémique, d’autant plus que certains observateurs le considèrent comme «clair-obscur» en cela qu’il manque de date exacte sur la prorogation du mandat des conseillers. L’expert électoral membre du Gradec, Ababacar Fall, avait fait noter que «le problème, c’est que l’amendement ne fixe pas une date précise et dès l’instant qu’on proroge, on fixe une date. Le gouvernement a fait un amendement en disant que les élections se tiendront au plus tard le 28 mars 2021, ce n’est pas clair». Certains acteurs au dialogue politique avaient aussi fustigé la «démarche solitaire» du ministre qui, selon eux, devait solliciter les avis des uns et des autres pour retenir de manière consensuelle la fourchette à proposer.

A noter, par ailleurs, que des suspicions y sont d’ailleurs nées, car certains avancent l’idée d’un calcul politique fait à dessein par le régime en place pour avoir des motifs de report des prochaines législatives, prévues en 2022, dans le but de les coupler avec la présidentielle de 2024. Quoiqu’il en soit, le ministre de l’Intérieur, non moins organisateur des élections, Aly Ngouille Ndiaye, expliquera certainement la démarche entreprise tout en essayant de lever toute équivoque concernant la tenue des élections locales prochaines. (Sud Quotidien)

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