Développement durable  et Dette soutenable :  Macky Sall veut rompre les chaînes qui empêchent l’Afrique de décoller

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Le président de la République du Sénégal a ouvert ce lundi la conférence internationale sur « Développement durable  et Dette soutenable, trouver le juste équilibre. C’est présence de plusieurs chefs d’Etat de la Côte d’Ivoire, du Togo, du Bénin, du Burkina Faso, du Niger et du Mali représenté par son Premier ministre, de la Directrice du Fons monétaire international (FMI) Kristialina Georgieva, d’Amina Mmouhamed Vice-présidente Générale des Nations unies, Jean-Hervé Lorenzi, du Cercles des Economistes de la France… Après avoir insisté sur le nécessité de la dette et l’investissement pour atteindre les objectifs de développement durable et pointé un doigt accusateur de sur les tares des services de la dette, Macky Sall prône le déferrement des chaînes qui empêchent de décoller

Votre participation témoigne de  notre ambition commune de poursuivre ensemble nos objectifs de développement durable dans un esprit de solidarité et de dialogue confiant avec nos partenaires au développement.

En organisant ces assises sur la thématique d’aide et développement, nous voulons offrir l’occasion d’échanges approfondis, posés et sereins sur une question qui a toujours été et qui restera essentiel en matière économique. En effet, dans l’histoire des Nations, la question de la dette a souvent nourri d’interrogations et débats voire controverses aussi bien entre spécialistes et au sein de l’opinion publique. La problématique se pose encore de nos jours et dans tous les pays et peut être de façon critique encore dans les pays en développement au regard des besoins immenses et urgents en matière d’investissement pour le présent et pour l’avenir », a, d’emblée précisé Macky.

Dans cet ordre d’idées, il fait savoir que « l’Afrique est un exemple illustratif, car d’ici 2050 la population va doubler pour dépasser le seuil de 2 milliards d’habitants contre 1, 300 milliards aujourd’hui. Ce doublement de la population africaine en une génération fera ainsi du continent le premier réservoir mondial de main d’œuvres. D’où une réelle opportunité d’accélérer notre marche vers le développement et mettre à profit ce dividende démographique, il nous faut investir, encore investir et toujours investir et beaucoup investir. Il faut investir dans l’éducation et de la formation pour des ressources humaines de qualités aptes à satisfaire  les besoins du marché, à entreprendre et à créer des activités génératrices d’emploi et de richesses. Investir aussi de massivement dans les infrastructures physiques et matériels ».

Selon le président Sall, « rien que  dans le domaine stratégique des infrastructures, les besoins en investissement de l’Afrique sont estimés à plus 15 milliards de Dollars par an. Alors que les ressources que nous y consacrons font environ 75 milliards. C’est presque la moitié. L’Afrique est en quête d’émergence ou presque. Tout reste à construire. Le continent est aujourd’hui, à l’image d’un avion en bout de piste prêt à décoller. Il a besoin de toutes ses forces, de fortes poussées pour accroitre sa portance, pour vaincre les résistances. Les résistances ici c’est la pauvreté. Mais, il nous faut aussi une piste stable. Si l’avion en décollage doit passer par des nœuds et de crevasses, évidemment, le décollage risque d’être chaotique. Il faudra donc, vaincre la pauvreté et émerger.

A cet effet, nous devons mobiliser nos ressources internes et nous en sommes conscients. Les pays doivent faire de meilleurs efforts pour accroitre les recettes fiscales, mais, ils doivent également faire appel aux financements externes en investissements et en prêt long terme pour réussir le pari de l’émergence. Ce faisant, nous nous inscrivons, non dans une dérogation quelconque que nous demandons mais dans une logique de l’histoire économique observée partout ailleurs ». Pour lui « l’endettement n’a jamais été en soi un problème. Dès lors il est question d’un endettement responsable et qualitatif, c’est-à-dire qu’il finance l’économie productive, source de croissance de développement et bien être social. En ce sens, la dette investit dans les secteurs qui génèrent en retour plus de capacités productives créées par elle-même les conditions de son remboursement ». (…).

En poursuivant, il indique qu’il y a aussi le défi de la société du savoir qui fait de la science, de la technologie et de l’innovation un puissant levier de croissance économique et de développement. Pour être au rendez-vous de la société du savoir l’Afrique  ne doit pas satisfaire du concept vague de dividende démographique. Elle doit valoriser ce facteur en investissant dans son capital humain par une éducation et une formation de qualité qui contribue autant que les infrastructures au progrès des nations ».

Selon Macky Sall, l’Afrique a connu ces dernières années une forte augmentation de son niveau d’endettement. Selon les indications du Fmi, le ratio de la dette publique africaine est ainsi passé de 35%  en moyenne aux années 2000 à 55 % du PIB en 2016. Sur la même séquence temporelle la tendance haussière a été observée au niveau global ; l’endettement global public privé a atteint en 2018, un niveau record de 184.000 milliards de dollars américains soit 225% du PIB mondial.

« L’endettement de l’Afrique ne représente que 55%. On voit bien que sur la dette, l’Afrique n’est pas une exception(…) « En réalité, regrette-t-il, ce qui handicape le continent ce sont les préjugés et le regard stigmatisant posés sur elle lorsqu’il s’agit d’investir en Afrique. La perception est toujours exagérée et largement répandue en matière d’investissement et d’endettement en Afrique. Les notations sont également exagérée, D’autre part, il n’est pas rare des critiques s’élèvent contre les gouvernants que la dette est un fardeau pour la génération future. On entend ce discours au quotidien. Une dette soutenable n’est pas une affaire inter générationnelle que l’utilisation des ressources à des fins de développement et la solvabilité de l’Etat et d’autres part si l’on a la capacité de mobilier des moyens pour rembourser les empreints, il n’ ya pas de problème. On laisse des actifs. Il faut qu’il ait une balance entre les actifs et la dette sinon le solde n’est pas équilibré est quand il s’agit d’investir en Afrique. Ce qui a pour conséquence le renchérissement de la dette. Or le risque d’endettement pour l’Afrique n’est pas exagéré. Quelle que soient les difficultés, les africains paient leur dette ».

Donc pour Macky Sall, il faut, ensemble, des moyens pour déconstruire cette perception d’investissement et d’endettement du Fmi. (…) Pour ce faire, Macky Sall exige de la confiance mutuelle et de convivialité avec les partenaires au développement. « Cette convivialité et cette confiance animent les relations entre les parties. Cet esprit commande un débat ouvert et sincère. Car ce qui est recherché ici, c’est de contribuer par une démarche lucide et concerté l’avènement d’une gouvernance mondiale novatrice qui facilite l’accès aux ressources pour financer les objectifs du développement durable dans le respect de soutenabilité  de la dette et de la viabilité budgétaire des Etats », a-t-il conclu.

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