Droits de l’Homme au Sénégal : Le sort des enfants et « activistes » en exergue

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Hier 10 Décembre, a été célébrée la journée internationale des droits de l’homme, journée qui commémore l’anniversaire de l’adoption de la déclaration universelle des droits l’homme du 10 décembre 1948. Constituant avant tout, une évaluation de la situation des droits de l’homme dans le monde, cette cérémonie commémorative, a vu la participation des organisations de la société civile, des ambassadeurs et  représentants du corps diplomatique, des mouvements de la jeunesse.

La 71e journée internationale des droits l’homme pour cette année a été exclusivement dédiée à la jeunesse, d’où le thème  « la jeunesse se mobilise pour les droits de l’Homme ».Thème qui renvoie au rôle que les jeunes doivent jouer pour faire des droits de l’homme une réalité, partout, mais aussi aux difficultés auxquelles ils sont confrontés dans la jouissance de leurs droits. En effet, dira Pape Séne, président du comité sénégalais des droits de l’homme, « au regard du rôle important qu’ils jouent dans tous les domaines d’activités de la société, et du simple fait qu’ils sont appelés à diriger les destinées de l’humanité, cela fait d’eux des leviers  incontournables dans l’édification de la société. Dès lors, poursuit-il, « il s’avère impératif, de cultiver très tôt chez les jeunes générations, des idéaux de paix, de respect mutuel, de tolérance ». Un défi qui ne pourra être relevé qu’à travers une série «  d’actions concrètes » qui tourneront essentiellement autour d’un renforcement de capacité des jeunes, pour le respect des droits de l’homme, de la sensibilisation, sur les droits et devoirs de la jeunesse au sein de la société, de la promotion de la culture, et de la tolérance, tout en encourageant les jeunes dans les activités de protection et de conservation de l’environnement.

D’autre part, M. Séne a interpellé les états dans la réalisation des buts, et principes contenus dans la charte des nations unies, qui met en avant la promotion de l’emploi des jeunes, les conditions du progrès et du développement économique et social. «  Car partout dans le monde, quel que soit le niveau de développement et le contexte socio-économique du pays où ils vivent, les jeunes aspirent à participer  pleinement à la vie de la société, comme le prévoit la charte ».

Venu représenter le Garde de Sceaux, ministre de la justice, Mamadou Saliou Sow, secrétaire d’Etat chargé de la promotion des droits humains, et de la bonne gouvernance,  a plaidé en faveur de la jeunesse. Selon lui, la partition à la vie publique est un principe fondamental des droits de l’homme  qui doit être mise en œuvre dans toute sa plénitude pour les jeunes, afin de leur permettre d’être plus en mesure de prendre les meilleures décisions pour contribuer plus efficacement au processus de développement durable; car estime-t-il, les  « jeunes peuvent jouer un rôle crucial, pour apporter des changements positifs. Etant toujours  à l’avant-garde des transformations politiques, économiques et sociales, «  on les voit aussi lors des mobilisations populaires qui réclament des changements positifs, et apportent de nouvelles idées, et des solutions innovantes pour un monde meilleur » souligne le secrétaire d’Etat. Ainsi, pour parvenir à un développement, la participation de la jeunesse demeure inévitable.

L’affaire des  enfants enchainés, arrestation de  Guy Marius Sagna suite à la marche de protestation contre la hausse du prix de l’électricité

Interpellé par la même occasion sur ces deux cas, M. Sow déclare que face à la situation de ces enfants, l’Etat du Sénégal est en train de mettre en œuvre des politiques pour accompagner les daaras dans la formation des marabouts, dans la mise en place  d’un système  pour les permettre de se développer  à l’image des écoles publiques. Pour ce qui est des enfants qui sont dans la rue, il rassure : «  aujourd’hui, nous sommes en train de mettre en place aussi des politiques pour qu’enfin ces enfants puissent rejoindre leurs parents ».

Sur le cas de Guy Marius Sagna, le secrétaire d’Etat auprès des Garde Sceaux a été clair sur cette question.  Il a indiqué que la liberté d’expression, ne signifie pas  dire ce que l’on veut. Avant de lancer : « ce n’est pas cela, la liberté d’expression ». Poursuivant son propos, il convoque ce célèbre adage en ces termes : « votre liberté s’arrête là où commence celle des autres ». Pour lui, il faut faire un distinguo entre la liberté d’expression, et le libertinage.

Quant au défenseur des droits de l’homme Pape Séne, interpellé aussi sur le cas de Guy Marius Sagna et compagnie,  il dira qu’il n’a pas d’appréciation à faire  pour le moment. « Parce qu’il s’agit d’une affaire judiciaire ». Par contre, il tient à rappeler qu’ «  en tant que défenseur des droits humains, notre rôle est de rappeler les principes ». Il ajoute qu’il faudrait que l’on « apprenne aujourd’hui, à concilier aussi bien cette liberté fondamentale, mais avoir une compréhension de  ce que dit la loi ». Puisque l’Etat a l’obligation de mettre en note cette liberté, pour cela, il invite les citoyens à être regardant sur ce que dit la loi. Et de préciser, pour sa part, qu’il laisse   la justice faire son travail, parce qu’il s’agit d’une disposition constitutionnelle. (Kritik)

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