Dr Moussa Didhiou, pharmacien-assistant sur les maladies de l’hiver : L’hiver est une période propice au développement des maladies infectieuses et l’apparition d’épidémies virales »

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L’hiver souffle peu à peu sur le Sénégal comme dans d’autres pays. Et l’on sait que l’homme est capable de s’adapter à toutes les situations climatiques. Pendant cette période des habitudes changent pour affronter la fraîcheur. N’empêche, l’hiver est le moment propice pour le développement de certaines pathologies appelées maladies de l’hiver. Kritik est allé à la rencontre du Dr Moussa Didhiou Pharmacien assistant,(Pharmacie ceerno yaal) et Enseignant pharmacologie pour un bon éclairage. Ainsi dans cet entretien, il nous fait la liste des maladies d’hiver, leur mode de contamination avant de nous indiquer des mesures à prendre à titre préventif et aussi les remèdes si l’on est atteint d’un quelconque virus. Entretien !

 

Kritik : Dr Diédhiou, l’hiver avance à grand pas dans notre pays peut-on savoir les couches vulnérables pendant cette saison ?

 

Dr Diédhiou : L’hiver est une période propice au développement des maladies infectieuses et à l’apparition d’épidémies virales qui peuvent avoir des conséquences graves pour les personnes fragiles : personnes âgées et personnes en situation de handicap, nourrissons et personnes porteuses de maladies chroniques notamment de maladies cardiaques, pulmonaires ou immunitaires.

 

Et quelles sont les différentes pathologies qui sévissent pendant l’hiver ?

Les virus de l’hiver sont essentiellement responsables : de pathologies respiratoires et rhino pharyngées : rhumes ou  rhinopharyngites, grippes saisonnières, bronchites et bronchiolites chez l’enfant ; des pathologies digestives : gastro-entérites.

Grippe saisonnière : D’origine virale, la grippe saisonnière est une infection respiratoire aiguë très contagieuse. L’épidémie revient chaque automne et dure jusqu’au printemps. La vaccination permet de la prévenir.

Rhinopharyngite(ou rhume) : Elle  désigne une infection des fosses nasales. La rhinopharyngite débute par une fièvre (souvent inférieure à 39 °C) et un mal de gorge.  Le plus souvent, elle l est due à un virus. On parle alors de choriza grippal. Les symptômes ressemblent effectivement à ceux de la grippe, très atténués : fièvre, yeux larmoyants, fatigue, courbatures. Avec en prime le nez qui coule.

Bronchite aiguë : La bronchite aiguë est une inflammation des bronches causée, le plus souvent, par un virus. La bronchite se caractérise par une toux bas-située, grasse, accompagnée de crachats. Chez l’enfant, elle est souvent la conséquence d’un rhume mal soigné. On parle alors de rhinobronchite descendante. Chez l’adulte, il peut tout à fait s’agir d’une pathologie primaire, c’est-à-dire qui ne soit pas la conséquence d’une autre maladie. Il peut en outre être frappé par des bronchites chroniques, généralement lorsqu’il y a une fragilisation bronchique (tabagisme, allergie, asthme…).

Bronchiolite : Chaque hiver, la bronchiolite sévit auprès des nourrissons et petits enfants. Elle débute généralement par un simple rhume ou par une rhinopharyngite, puis une toux, des sifflements et une gêne respiratoire apparaissent. Ils peuvent persister d’une semaine à un mois.

L’angine : L’angine est le plus souvent une maladie sans gravité. L’angine est une inflammation des amygdales et du pharynx qui provoque un mal de gorge et des douleurs à la déglutition. Son traitement dépend de sa cause : un virus ou une bactérie.

Il existe 2 types d’angine :

-Les angines virales

Elles représentent environ 75% des angines et guérissent spontanément en quelques jours. Les antibiotiques étant inefficaces, le traitement se limite au soulagement des symptômes (fièvre, mal de gorge) : paracétamol (Doliprane®, Efferalgan®…) pour faire baisser la fièvre et réduire la douleur

-Les angines bactériennes

Elles sont dues à une bactérie le plus souvent un « streptocoque ». Elles sont  plus fréquentes chez les sujets jeunes. Les symptômes se présentent le plus souvent sous forme de douleur de gorge isolée, sans rhume (ni nez bouché, ni éternuements), avec des ganglions douloureux du cou. Seule l’angine bactérienne, confirmée par le TDR ou test de diagnostic rapide nécessite un traitement antibiotique.

L’otite est également très fréquente : le conduit auditif est très proche des voies respiratoires, surtout chez les enfants : si les sécrétions remontent, elles vont aller infecter l’oreille moyenne. Les symptômes : des douleurs très fortes dans l’oreille atteinte et une fièvre plus forte que pour le rhume « classique ». L’otite en elle-même n’est pas contagieuse. En revanche, le rhume qui l’a souvent provoquée, l’est.

La gastro-entérite est une infection du système digestif qui cause nausées, vomissements, crampes abdominales et diarrhée. Dans la majorité des cas, elle est de courte durée. Les symptômes surviennent rapidement et disparaissent généralement au bout de 1 à 3 jours. Les symptômes sont: Une perte d’appétit, des crampes abdominales, des nausées et des vomissements qui apparaissent brutalement, une diarrhée très aqueuse, une légère fièvre (38 °C), des maux de tête, de la fatigue des signes de déshydratation

 

C’est bien clair en ce qui concerne les différentes pathologies hivernales. Docteur, quel est, maintenant, le mode de contamination ?

Les virus de l’hiver se transmettent : par les gouttelettes chargées de virus, émises quand on tousse ou éternue ou transmises par les postillons et la salive des personnes infectées ;par le contact direct des mains d’une personne infectée (par exemple en serrant la main) ou par le contact d’objets (jouets, doudous, tétines, couverts, téléphone, télécommande, poignées de portes…) contaminés par une personne malade par l’air, surtout lorsqu’une personne malade occupe une pièce fermée et non régulièrement aérée.

 

Comment peut-on prévenir contre les maladies d’hivers ?

La prévention de ces maladies se fait à plusieurs niveaux.

Renforcer ses défenses, c’est possible. Même si notre système immunitaire se construit puis s’auto-entretient tout seul, nous pouvons l’aider en le boostant, à tous les âges de la vie. Si nous entretenons notre corps comme il faut, il fonctionnera donc au meilleur de ses possibilités. Une bonne hygiène de vie constitue donc un pré requis pour avoir des défenses au top. Nous avons par exemple: le souffre, pris par voie orale, permet d’entretenir les voies respiratoires. Il est encore plus efficace si associé à de la vitamine A.  Les médicaments immunostimulants permettent, comme leur nom l’indique assez clairement, de stimuler nos défenses.  Même chose pour le fer, qui renforce l’hémoglobine.  N’oublions pas la  vitamine C, que l’on peut trouver à la pharmacie mais aussi chez son épicier, sous forme de jus d’orange par exemple. Vous pouvez l’associer au cuivre, qui décuple son effet.

Les mesures  d’hygiène pour tenir les microbes à l’écart

Il n’y a aucune méthode qui permette d’éviter tous les microbes de l’hiver. Vous aurez beau prendre toutes les précautions nécessaires, le virus vous rattrapera peut-être quand même.

Pour éviter de tomber malade il faut… Etre en bonne santé. Si vous êtes affaibli, les virus vont pouvoir pénétrer plus facilement dans votre organisme et vous serez encore plus malade. En ayant une vie saine au quotidien, vous vous mettez dans les conditions optimales pour vous défendre contre les agressions extérieures. Voici quelques recommandations : Manger les fruits et légumes en abondance ; mener une activité physique régulière, dormir suffisamment et éviter les facteurs de stress.

Pour les enfants, dont le système immunitaire est en construction, les oligo-éléments représentent une bonne solution.

Chez les petits, il est également capital de leur apprendre à se moucher correctement. En effet, lorsque l’écoulement se fait vers l’extérieur, le rhume va vite se guérir. Mais si l’écoulement se fait vers l’intérieur, alors c’est la porte ouverte à toutes les complications.

La phytothérapie est bien adaptée à la situation : certaines plantes ( Eucalyptus, camphre, térébenthine) sont d’excellents antiseptiques et présentent en outre l’avantage de ne pas stimuler la résistance des microbes.

 

Il ya certainement des médicaments de base que vous pouvez nous indiquer ?

L’idéal est de privilégier les médicaments locaux. Vous pouvez donc opter pour les pulvérisations nasales, les gouttes ou encore les pastilles. Un décongestionnant, pour respirer plus facilement Un anti-inflammatoire local, pour réduire l’inflammation (pulvérisateur). Un muco-fluidifiant, qui permet d’expectorer plus facilement. Un antiseptique, pour chasser le microbe au plus vite. Les antibiotiques mais l’usage n’est pas systématique. Les corticoïdes par voie orale pour soulager l’inflammation(en cas de bronchite)

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