Vie de couple des femmes des émigrés : La distance fragilise certains couples

Commentaires A la Une, Actualité, Société

Solitude, nostalgie, abandon et le sentiment d’être un décor,  voilà ce que vivent certaines épouses des émigrés. Pour des raisons de papiers en règle ou de difficiles conditions de vie dans le pays d’accueil, bon nombres d’émigrés restent à l’étranger pendant des années, laissant derrière eux des épouses qui ne se contentent que des appels vidéo et messages. Egalement, dans la plupart des cas, le couple ne sent pas la rose et les turpitudes se notent car il y’a toujours des répercutions. Ces femmes font face à toutes sortes de problèmes allant de l’infidélité au divorce.

Vivre loin de son mari, c’est l’une des rares choses qu’une femme souhaiterait dans sa vie de couple. Mais voilà ce qui arrive aux femmes des émigrés qui n’ont pas le choix que d’accepter leur sort. 10 ans, voire 15 ans ou plus ! Certaines d’entre elles restent pendant de belles lurettes sans voir leur mari. Elles se contentent des appels et des discussions à travers les réseaux sociaux qui réduisent la distance pendant les courts moments d’échange. Malgré des sentiments nostalgiques, ces femmes éprouvent un manque en matière d’intimité. Ndèye Astou Ndao, dans le lot, estime que « ce n’est pas du tout  facile d’être mariée à un émigré ». Et selon elle, beaucoup de divorces découlent de cette longue séparation occasionnée par l’émigration : « Il faut avoir une certaine mentalité pour supporter ce lourd poids. Oui, c’est un poids d’être loin de son homme pendant des années. Quand une femme est mariée à un émigré, elle risque d’enfanter par 10 ans (rire). Moi J’avais fait une fausse couche juste après le départ de mon mari.  Donc, avant d’avoir mon premier enfant, je suis restée 11 ans à attendre mon mari avec lequel je ne communiquais que par téléphone. A un moment de ma vie, j’avais perdu espoir, mais ma famille m’encourageait à tout moment pour que je ne commette pas l’irréparable. Parfois la tentation nous domine et si nous n’avons pas cette force de mener le combat, on tombe. Une femme n’a pas uniquement besoin que vous lui combliez de biens. C’est bien beau d’avoir un mari qui se trouve à l’étranger et qui vous envoie toutes les bonnes choses. Mais la femme a besoin d’avoir aussi des relations intimes. C’est un besoin !» Explique-t-elle et de poursuivre : « Beaucoup de femmes commettent l’adultère. Car elles ont longuement attendu leur époux en vain. D’où les nombreux divorces et tromperies. Le pire dans tout ça, c’est que certains de ces émigrés se marient avec des femmes blanches pour obtenir des papiers. Alors qu’ils ont laissé une autre au pays ». Moi, ajoute Fatimata Souaré, « depuis que je suis mariée, je n’ai pas encore d’enfant. Et cela est mal vu par ma belle-famille qui pense que je porte la poisse. Mon mari est parti juste quelques mois après la lune de miel et il n’est revenu que deux fois depuis 8 ans. Quant à la jeune fille dont le mari est en Espagne depuis 6 ans, elle met l’accent sur la vie intime qu’elle aborde sans complexe : « Une femme peut supporter une longue absence, mais pas les relations sexuelles. On a besoin de cette chaleur humaine surtout en cette période de fraîcheur. Nous souffrons énormément même si on ne le manifeste pas», laisse-t-elle entendre devant ses amis assis autour d’un thé sur la terrasse. Poursuivant ses propos elle ajoute : « heureusement que pour lutter contre ce manque, les blancs ont eu l’intelligence de fabriquer des objets sous forme de pénis en plastique. On les utilise à chaque moment de faiblesse. Cela nous permet de soulager nos envies et d’oublier un peu le vide qui nous entoure ». « Mais ce n’est pas toutes les femmes qui en usent, car certaines n’y trouvent pas de plaisir », fait savoir cette jeune fille  qui explique sous le couvert de l’anonymat.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *