Aïda Diouf vice présidente de l’Unapees sur la situation de l’école : « Les scolarités doivent être payées… »

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L’école sénégalaise a fermé ses portes depuis le début du mois de mars dernier. Une décision du chef de l’Etat pour éviter la propagation du Coronavirus. Comme d’autres secteurs, le système éducatif est complètement bouleversé. Notamment, au niveau des établissements privés où certains parents rechignent déjà, à payer la scolarité de leurs enfants. Aïda Diouf, vice présidente de l’Union nationale des Associations des parents d’élèves et d’étudiants du Sénégal (Unapees) se démarque de cette volonté de quelques parents d’élèves. Elle estime que la situation doit être gérée ensemble avec une certaine compréhension.

La pandémie de Coronavirus a tout chamboulé. Au niveau des établissements privés, certains parents rechignent à payer la scolarité de leurs enfants parce que nayant pas fait cours. A votre avis cette thèse peut prospérer ?

 Aïda Diouf : C’est vrai, la pandémie du Coronavirus a touché tous les secteurs au Sénégal comme partout ailleurs dans le monde, notamment, celui des établissements privés. A propos de la sortie de certains parents d’élèves qui rechignent à payer la scolarité de leurs enfants du fait de la fermeture des établissements scolaires privés pour empêcher la propagation de la pandémie de la Coronavirus, il y a une question de bon sens qu’on doit adopter dans ce cas précis. A mon avis, les parents d’élèves doivent payer la scolarité de leurs enfants pour le mois de mars. En ce sens que ce ne sont pas les directions de ces établissements privés qui ont pris cette décision de leur propre volonté. La décision est prise par le président de la République dans le cadre de la lutte contre la propagation de la pandémie du Coronavirus. Une pandémie qui a touché tous les secteurs. Ils (parents d’élèves) n’ont pas des raisons de s’inquiéter d’autant plus que cette situation n’a même pas fait deux mois. Nous devons tous prier que la pandémie disparaisse le plus vite possible au Sénégal et partout dans le monde. Aussi, nous devons lutter pour éviter une année blanche. A cet effet, les parents doivent comprendre que les responsables des établissements privés ont pris des engagements sur tous les plans en début d’année. A l’heure actuelle, c’est difficile pour tout le monde. Il faut une collaboration entre les parents d’élèves, les enseignants et le personnel administratif pour surpasser cette situation. Au niveau des établissements privés, il faut prendre en compte plusieurs  paramètres. On peut être parent d’élève et être dans une structure  qui ne fonctionne plus. Et dans ce cas il faut écrire à l’administration de l’école qui va comprendre que tel ou tel parent ne peut plus payer la scolarité de ses enfants pour telle ou telle raison liée à la pandémie du Coronavirus. A défaut de cela, le parent doit payer pour permettre aux établissements privés à faire face à leurs charges : salaires des enseignants, charges locatives, paiement des factures d’électricité, de l’eau, du téléphone entre autres … C’est dire que cette situation de confinement dû au Coronavirus doit être gérée ensemble. Donc vouloir ne pas payer la scolarité de son enfant ou de ses enfants ne me semble pas normal. D’autant plus qu’au niveau des établissements privés, il y a des élèves qu’on appelle des cas sociaux ou des orphelins qui constituent souvent un manque à gagner énorme. Donc, dans cette situation, tout le monde doit faire preuve de compréhension et d’humanisme. Donc s’il y a une situation comme celle-ci, nous devons la gérer ensemble. Par ailleurs, j’invite l’Etat à venir en aide aux établissements privés pour leur permettre à se  stabiliser sur le plan financier comme toutes entreprises.

La durée dattente commence à être longue. Alors quelle stratégie pédagogique faut adopter pour rattraper le temps perdu ?

 A mon avis, le temps perdu peut être rattrapé. On peut prolonger le quantum horaire. On a d’autres portes de sortie de crise  à travers la confection des polycops par les commissions pédagogiques au niveau des Inspections d’Académie (I.A) et au niveau des Inspections d’Enseignement et de la Formation (IEF), l’organisation des cours de renforcement et la prolongation de  l’année scolaire jusqu’au mois de juillet.

Le Sénégal peut-il faire comme la France, au lieu dorganiser des examens, évaluer les élèves en classe dexamens à partir des contrôles continus ?

Sur cette question d’évaluation des élèves à partir des contrôles continus, là, je laisse le soin à la tutelle qui est en train de se battre pour sauver l’année scolaire. Il lui revient au moment venu de prendre une stratégie pédagogique qui va arranger tout le monde.

Propos recueillis par Makhan TIMERA

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