Notre ‘‘Nakba’’ et leur ‘‘indépendance’’

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Aujourd’hui, les Israéliens fêtent dans la joie 72 ans de ce qu’ils qualifient d’indépendance, et nous, les Palestiniens, continuons de commémorer dans la tristesse cette même date, celle de notre Nakba,(catastrophe en arabe).  

Le 15 Mai 1948 : fin du mandat britannique sur la Palestine, précédée par la auto-proclamation de l’État d’Israël, cet Etat qui a été le fruit d’une alliance impérialiste et colonialiste, orchestrée, en début du siècle dernier, par la grande puissance britannique, et succédée, ultérieurement, par une autre grande puissance, celle des USA, jusqu’à maintenant.   

Cette « Guerre d’Indépendance » célébrée par les Israéliens l’a été au prix des actes terroristes commis par les milices sionistes et, puis, par les Forces de défense israéliennes (FDI), qui ont perpétré quelques 33 massacres au cours desquels plus de 15 000 Palestiniens ont été tués, et 950 milles Palestiniens ont été forcés à l’exil. En 1949, Israël a déjà conquis par la force 78% de la Palestine historique, et la patrie palestinienne s’est disparue de la carte.  

La « fausse » indépendance n’a été, donc, que le résultat direct d’une guerre d’épuration ethnique contre les autochtones, via la destruction préméditée de 531 villes et villages palestiniens.  

À ce jour, cette Nakba, et ce qui l’a suivie en terme de politique et de pratique d’éradication nationale, continue a générer une population de réfugiés de plus de 7 millions de Palestiniens. Le peuple autochtone de Palestine est encore aujourd’hui l’un des rares peuples vivant en tant que réfugié ou apatride dans sa propre patrie.  

En 2020, la Nakba a pris une autre dimension dramatique, avec le plan américain dit du « Siècle » du Président TRUMP, qui a instauré des paramètres autres que celles du droit international, et ce pour un seul objectif de liquider la cause palestinienne en faveur d’un Etat juif israélien. Alors, il propose un Etat palestinien sans frontières, ni souveraineté non plus de Jérusalem comme capitale, et bien sûr sans aucune référence aux deux tiers du peuple, à savoir l’application du droit au retour et aux indemnités pour les 7 millions réfugiés palestiniens. Selon ce plan, l’UNRWA (agence onusienne qui se charge de ces victimes) doit immédiatement se faire dissoudre.  

Le 20 avril dernier, un accord a été signé entre les Parties de Netanyahu-et de Gantz, permettant à constituer une coalition gouvernementale. Le projet commun de cette coalition s’axe autour du processus d’annexion d’un tiers de la Cisjordanie palestinienne, et ce au plus tard, au 1er juillet prochain. La Maison Blanche a quasiment accordé son feu vert à ce projet. Le secrétaire d’État américain a commenté la décision israélienne en considérant que ‘‘c’est une décision qui revient à Israël’’. Et pour l’Ambassadeur américain en Israël : « l’annexion par Israël de certaines zones de la Cisjordanie serait légitime ».

A part eux, le monde hausse le ton contre Israël mais sans savoir, encore, comment réagir.

 Le Président palestinien Mahmoud Abbas s’est vu affirmer avoir prévenu les différentes parties, y compris les gouvernements américain et israélien, .et il a dit clairement que «si Israël annonce l’annexion d’un seul centimètre de notre terre, que ce soit dans la vallée du Jourdain, ou dans la Mosquée d’Ibrahim d’Hébron (la Patriarche d’Ibrahim) ou même les colonies juives qui s’éparpillent dans nos territoires, nous considérerons alors que les accords conclus entre nous et ces deux pays sont nuls et non avenus. »

 Célébrer l’indépendance d’Israël sans réparer l’injustice historique qu’a subi le peuple palestinien signifie, d’abord, le mépris de la mémoire collective du peuple autochtone de la Palestine, et signifie, aussi, le feu vert qu’on cherche pour exterminer un peuple à la quête de son autodétermination, , et après tout, signifie l’installation d’un régime d’apartheid et la fin de tout espoir pour conclure un compromis politique et pacifique.

 Depuis les cendres de la Nakba, le peuple palestinien se lance dans le combat afin de rester sur sa terre et tenter de préserver son héritage et son identité tout en étant confronté à une série de lois tyranniques et racistes, et à une oppression sanglante marquée par la continuité de l’occupation et de la colonisation de terre palestinienne, et par le martyr, l’expulsion et la détention de tout un peuple.

 Le peuple palestinien appel l’Humanité entière de s’ingérer en faveur du droit palestinien avant que ce soit trop tard, et la Direction palestinienne sonne l’alarme pour qu’Israël et ses alliés se conforment au droit international, d’ici là, les Palestiniens résisteront à l’oubli et s’attacheront acharnement à leurs droits, ils commémoreront tant qu’ils peuvent les maisons détruites de leurs ancêtres, commémoreront la Nakba par une Marche du Retour et des visites aux villes tombées dans la désolation, en envoyant des messages nostalgiques aux réfugiés déportés qui, pour eux, transmettront le rêve de leur retour à la prochaine génération. Vague après vague jusqu’à ce que ce retour soit réalisable en toute liberté et dignité vers leur seule patrie, la Palestine.

Fait à Dakar, le 15/05/2020                                    

Ambassade de l’Etat de Palestine

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