DU RIFIFI AU CIS

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Le contrat entre la Senelec-Akilee, signé en février 2019 est plus qu’électrique – Depuis que l’actuel directeur général, Pape Mademba Bitèye a décidé de revoir la copie héritée de son prédécesseur Makhtar Cissé, l’affaire a pris de nouvelles propensions

Le contrat entre la Senelec-Akilee SA, signé le 11 février 2019 est plus qu’électrique. Pis, depuis que l’actuel directeur général, Pape Mademba Bitèye a décidé de revoir la copie qu’il a héritée de son prédécesseur non moins ministre des Energies et du Pétrole, Mouhamadou Makhtar Cissé, l’affaire a pris de nouvelles propensions. Elle est même en passe d’imploser le Club des investisseurs du Sénégal, avec la démission de Abderrahmane Ndiaye, suite à une motion plus que controversée du CIS à Akilee. La réunion du Conseil d’administration du CIS, tenue dimanche, a également débouché sur une «mise au point» que le président Babacar Ngom aurait d’abord refusé d’endosser, avant qu’un «compromis» révélateur du désarroi qui s’est installé dans les rangs du CIS ne soit trouvé. Pendant ce temps, c’est le Syndicat des Cadres de Senelec (Sycas) qui saisit les organes de contrôle de l’Etat notamment, l’OFNAC, l’IGE, l’ARMP et la Cour des comptes.

«Le Conseil d’Administration du Club des Investisseurs du Sénégal (CIS) s’est réuni, en procédure d’urgence et par visioconférence, ce dimanche 17 mai 2020 à l’effet d’examiner la parution, dans les journaux du 15 mai 2020, d’une motion de soutien à la société dénommée Akilee», informe un communiqué parvenu à la Rédaction de Sud Quotidien hier, lundi 18 mai. Après en avoir délibéré, le Conseil dit avoir constaté que «cette motion n’a pas fait l’objet d’un examen préalable par aucune des instances appropriées du CIS», et qu’en conséquence, «cette motion n’engage en aucune façon le CIS». Pour le respect du parallélisme des formes, le Conseil a même décidé de porter cette mise au point à la connaissance du Public et a demandé à la Direction exécutive du CIS de prendre toutes les dispositions nécessaires à cet effet avec une couverture au moins aussi large que celle ayant entouré la publication de la motion précitée. Mais, de sources dignes de foi, le président du CIS, Babacar Ngom aurait refusé d’endosser ce communiqué alors qu’il avait donné un blanc-seing à celui déjà paru dans les médias avec mention  : «Motion de soutien à Akilee, pour un secteur privé national fort !». Pourquoi ? Mystère et boule de gomme !

ABDOURAHMANE DIOUF, LE BOUC EMISSAIRE ?

Depuis la publication de la motion de soutien du CIS à Akilee, une personne est prise pour cible. Il s’agit du directeur exécutif, Abdourahmane Diouf. L’ancien responsable du parti Rewmi, est traité de tous les noms d’oiseau et accusé d’avoir usé d’une méthode «cavalière» pour faire passer un communiqué à l’insu des membres de Conseil d’administration. Que nenni ! Selon des sources dignes de foi, M. Diouf n’aurait fait qu’exécuter des ordres de son supérieur. «La motion n’émane même pas de lui. C’est un autre membre du Club qui a fait la proposition. Elle a été entérinée. Abdourahmane (Diouf) avait juste la charge de l’envoyer aux médias. Point !», confient nos sources. Touché d’ailleurs, par ses attaques tous azimuts, Abdourahmane Diouf a fini par sortir de sa réserve. “J’ai bien pris note de vos messages respectifs. Je suis très surpris de vos réactions. Je vous invite à plus de prudence et de retenue. Ces accusations sont très graves à l’endroit de ma personne et de ma réputation”, a déclaré l’ancien Coordonnateur de la Cellule des cadres et Coresponsable du Département de Rufisque du parti Rewmi.

ABDERRAHMANE NDIAYE REND SON TABLIER

Face à cette situation plus ou moins rocambolesque, un membre du CIS et pas des moindres, a décidé de jeter l’éponge. Il s’agit de l’administrateur de sociétés, Abderrahmane Ndiaye, qui déplore le «manque de concertations préalables dans la prise de décision», relative à la motion de soutien à Akilee. Dans une lettre, en date d’hier, lundi 18 mai, adressée au Président du Club des investisseurs du Sénégal (CIS), Babacar Ngom, dont Sud Quotidien a obtenu copie, M. Ndiaye déclare : «Je ne me reconnais plus dans cette organisation et vous prie de bien vouloir accepter ma démission du Club des investisseurs du Sénégal». Et le désormais ex-membre du CIS de motiver sa décision en ces termes : «J’ai été informé, en même temps que plusieurs membres du Club, d’une motion de soutien à la société Akilee dans son différend qui l’oppose à Senelec. Comme la plupart de mes collègues, je me désolidarise de cette démarche, tant sur le fond que sur la forme», martèle Abderrahmane Ndiaye. Allant plus loin, il estime que «la bonne gouvernance de cette organisation aurait voulu qu’une telle prise de position puisse être étudiée, discutée et décidée de manière collégiale, au regard des éléments que nous aurions au préalable requis de part et d’autre». A en croire Abderrahmane Ndiaye, les remous dans les rangs du Cis se justifient par le manque concertations. «Les nombreuses réactions des membres du Club, démontrent que cette motion de soutien n’a pas été soumise à nos instances», a-t-il soutenu. Ce qui lui fait dire, «notre organisation ne peut être utilisée pour des intérêts particuliers dont nous n’avons pas connaissance, et dont nous ne sommes pas partie prenante».

LE COMMUNIQUE DE LA DISCORDE ANNULE

Mais pour sauver la face, le CIS finit par produire un autre communiqué qui annule celui du 14 mai, dans lequel, on peut lire : «le Conseil d’administration du Club des Investisseurs Sénégalais (CIS) s’est réuni le dimanche 18 Mai 2020 à 13h en vue d’examiner la motion de soutien à Akilee dans le différend qui l’oppose à la Senelec. Le Conseil d’administration note le besoin de plus amples informations de certains de ses membres sur le sujet et prend acte du communiqué de la Senelec qui aurait souhaité une concertation préalable. Pour ces raisons, le Conseil d’administration décide de surseoir au communiqué du 14 mai 2020 portant motion de soutien à Akilee». Et d’ajouter : «le CIS réaffirme son ancrage dans le principe du patriotisme économique et reste ouvert à toute solution qui préserve les intérêts économiques du Sénégal». Un édit révélateur du désarroi qui s’est installé dans les rangs du CIS.

LA COUR DES COMPTES, L’IGE, L’OFNAC ET L’ARMP SAISIS

Après le Sutelec, qui parle de «hold-up» (voir Sud Quotidien du lundi 18 mai), un autre syndicat de Senelec est monté au créneau pour dénoncer le contrat qui lie Alikee à la Société nationale d’électricité du Sénégal. Il s’agit du Syndicat des Cadres de Senelec (Sycas). Son secrétaire général, Serge Louis Déthié Cissé a d’ailleurs saisi les différents corps de contrôle du pays. Notamment, la présidente de l’Office national de lutte contre la fraude et la corruption (Ofnac), Mme Seynabou Ndiaye Diakhaté ; le Vérificateur général M. François Robert L. Colin de l’Inspection générale d’Etat (IGE) ; le Président de la Cour des comptes, M. Mamadou Faye  et le Directeur général de l’Autorité de Régulation des marchés publics (ARMP), M. Saer Niang. Ils sont tous saisi d’une même requête aux fins d’une mission à Senelec où le Sycas sollicite auprès d’eux, de bien vouloir donner une suite favorable à sa demande formulée le 28 avril 2020. Mieux, le Sycas voudrait que les corps de contrôle passent à la loupe d’autres contrats liant Senelec avec notamment, Excelec, Nsic, BLF, EDF-IN, Sonam, AMSA…

Dans sa déclaration, le Sycas exige l’intervention des organes de contrôle de l’Etat (cour des comptes, IGE, Ofnac, Armp…), qui s’inscrit dans la perspective d’assurer la protection et la défense de la souveraineté énergétique du Sénégal, gage, selon les camarades de Serge Louis Déthié Cissé, «d’un développement prospère et durable». Le Sycas, exige donc aux organes de contrôle susmentionnés, d’assurer la «plénitude de leurs responsabilités en déclenchant les missions appropriées et relevant de leurs prérogatives». Sud Quotidien

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