Culture urbaine: Mic Lion, un autre talent de Grand Yof

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Mic Lion fait partie des artistes qui font la fierté de Grand-Yoff. Il est l’un des rappeurs underground les plus prolixes. Il prévoit un double E.P, bloqué par la crise sanitaire (Babacar Sy SEYE)

Mini locks dégradé, jean déchiré, physique avantageux, langage de rue…lorsqu’on voit Nicola Docine Mendy, on le croit volontiers rappeur. Son look est semblable à celui de la plus part de ses paires de la nouvelle génération. Lui, il est respectueux, ouvert, et talentueux. Il s’autoproclame le lion de l’arène du rap sénégalais d’où son pseudonyme ‘’Mic Lion’’. Une appellation qui renvoie par analogie, à la férocité et à la persévérance d’un lion dans la savane. En tout cas, les œuvres du rappeur n’exhibent pas le contraire. Âgé de 28 ans, Nicola Docine Mendy a passé la moitié de son enfance à Pikine Guéti Mbar avant de revenir dans la commune de Grand Yoff où il est né. Dans cette localité, il y a une forte présence des adeptes des cultures urbaines. Des morceaux de rap ont bercé le petit Mendy. Il est influencé par des rappeurs comme : Pacotille, Djily Bagdad et Baye Ndiagne (5ème Undergruwn), Bourba et Book’s (Senkumpe) et Gaston.

Mic Lion s’est forgé à travers les mouvements et groupes de rap. Et il y a laissé ses empreintes. On peut citer entre autre, le mouvement des ‘’Kumpayens’’ qu’il fréquente en 2011. Avant de rejoindre, en 2014, le groupe ‘’Doundou Guiss’’ de Dip. La rencontre avec ce rappeur en vogue lui a permis d’acquérir de riches expériences, mais M. Mendy n’a pas tardé pas à tracer sa propre voix. Sûr de lui, en 2015, il fonde son propre groupe dénommé ‘’Yook Thiow’’ (‘’faire du bruit’’, en français), mettant en évidence les montages de bruit (critiques, blâmes injures etc.) qu’il a dû surmonter sur son passage.

Par le biais du micro, Nicola Docine Mendy entend défendre la cause sociale. Et depuis qu’il a pris le ‘’Mic’’, il garde le même envie fulgurante de toujours bien faire. Ce jeune hiphopeur ne converse, ne mange, ne dort, bref ne vit que pour son art. Une obsession qui fait de lui un vrai voyageur : ‘’ J’ai souvent les pieds sur terre, tête en l’air’’, confie-t-il avec une pointe d’humour. ‘’Je m’inspire de toutes les choses qui m’entourent. L’inspiration me vient à tout moment ; il n’y a pas d’heure planifiée pour travailler mes textes. Parfois, à la place publique, assis avec mes camarades autour du thé, mon esprit prend son envol. Et le plus souvent, je me réveille au milieu de la nuit pour la réflexion’’, renchérit-il en gesticulant avec un timbre d’acteur.

Avec cette cadence de labeur sans trêve, il sort son single intitulé ‘’ It’s my Time’’ en 2015. C’est ainsi qu’une carrière musicale prometteuse fut lancée. Le first track bien accueilli par le public, Mic Lion enchaine ses productions. En septembre 2018, Il produit un mixtape intitulé ‘’Ma Mbandi’’. Tous ses œuvres sont enregistrés entres ‘’Reptyle Music’’ et Diaspo’Art.

Cette année, il prévoit de sortir un double E.P, à la fin de la pandémie du coronavirus. L’un en langue Wolof sera intitulé ‘’fësël’’ et l’autre en langue Manjaque aura comme titre ‘’Maa-Nireune’’. Une manière pour lui, de représenter et de monter sa ‘’fierté’’ d’appartenir à la communauté Manjak qui le supporte. Ainsi, une chanson éponyme (‘’Maa-Nireune’’) qui signifie littéralement en wolof ‘’Nangouna’’ et en français (‘’Je suis d’accord’’), relève l’encrage de Mic Lion dans sa culture Manjak. Ce morceau résume, en effet, l’histoire du rappeur, raconte sa vie, met en exergue ses origines qu’il célèbre. Il lui permettra, à coup sûr, de s’ouvrir à un autre type de public. L’opus sera disponible sur Ziksen, une plateforme de streaming locale.

Toutefois, le Rappeur ne se laisse pas ébranler par le coronavirus. Il commence à sortir des singles tirés du double Ep.

Dernièrement, il a oublié ‘’Tananë Bëlenju’’ (Manjack) autrement dit ‘’Takal sa Seur’’ en Wolof. Dans ce morceau, Mic Lion s’adresse directement aux filles, ses ‘’sœurs’’. Il leur demande d’être conscientes qu’elles sont dans un monde de ‘’tentations’’. Et il les invite d’être les garantes de la stabilité dans la société, de veiller à préserver les valeurs héritées de nos ancêtres.

Dakartoday

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